‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 165 sur 356 · Thomassin, IHscipl. de VÉgl, t. 1, p. a · texte numérisé non relu

Thomassin, IHscipl. de VÉgl, t. 1, p. a

Tarragone^ après les grandeurs, avait connu les abaissements. Mais il plut au Dieu qui « change les temps et transfère les puissances », de la faire sortir de son ombre, après avoir visité, avec la verge, les iniquités du peuple chrétien qui Thabitait. Depuis que trois cent quatre-vingt-dix ans ont passé sur ses ruines silencieuses, le Seigneur a daigné inspirer au cœur de ses princes de faire parler ses murailles. Bérenger, comte de Barcelone, a donné Tarragone au Pontife romain * ; le Pontife romain élève la ville de ^Tarragone à la dignité de siège archiépiscopal, la prend sous sa protection et confirme ses libertés. Enfin il exhorte vivement Tarchevèque à donner toutes ses sueurs à la reconstruction de la ville et à la conversion des Sarrasins ^.

Le légat Raynier avait, en même temps, une autre mission à remplir au sujet des difficultés survenues entre l'archevêque de Narbonne et Frotard, abbé de Saint-Pons de Thomières, et dont Dalmace réclamait la rapide solution.

Il s'agissait de prendre information des injustices que Dalmace disait avoir subies de la part de Tabbé de Saint-Pons ^. Frotard abusait-il du privilège insigne de l'exemption, qu'il avait reçu du Pape, comme nous l'avons vu? Ainsi l'archevêque de Narbonne l'accusait de recevoir des excommuniés non absous: selon lui, les religieux de Saint-Pons avaient exhumé un personnage mort sous le coup de l'anathème et l'avaient enterré dans leur monastère. Frotard qui avait précédé Dalmace à Rome, avait tout autrement présenté les choses au souverain Pontife. Celuici, écrivant au légat, lui recommande une attentive observation des considérants; sa parole est empreinte d'une sage lenteur qui ne se décide qu'après une parfaite maturité d'examen, mais aussi d'une vigueur indomptable qui ne revient plus sur une décision longtemps pesée. Ainsi, après avoir recommandé à Raynier a de ne pas perdre la trame d'une réserve tout apostolique », il lui ajoute : « Nous vous enjoignons de ne pas

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