Donation do Bérengor. Labbe, C'owc, X
2. MiGNE, eu, 3îil. Pfluok-H., Acta, 11, n. 176, place à tort cotte lettre en lORK
3. Du reste, un autre prélat formulait les m(?mes plaintes contm lui; c'était l'évéque (le Barcelone, Beitrand, qui avait accompagné Dalmace dans son voyagea Rome.
souffrir que personne, abbé ou autre, vous empêche de rendre en dernier ressort, sur la cause présente, une sentence irréfragable, et que nul ait le droit d'interjeter appel au Siège apostolique » *.
Ne sortons pas d'Espagne ^ sans signaler une abbaye qui fut, de la part des rois d'Aragon, l'objet d'une extraordinaire bienveillance. C'est vers cette époque que l'abbé du monastère de Saint-Jean-de-Pinna, Aymeric, fut envoyé à Rome par Sanche Ramirez d'Aragon, pour solliciter du souverain Pontife la reconnaissance des privilèges dont les rois avaient comblé cette heureuse abbaye. On voit, dans un diplôme accordé quelques mois plus tard à cette maison parle roi Sanche, la préoccupation qu'avait celui-ci de lamettre à l'abri non seulement des revendications des évéques, mais des caprices même des rois ses successeurs. Le Pape l'entendit et accorda au monastère, déjà si royalement protégé, la protection apostolique.
C'est ici qu'il nous faut mentionner la lettre qu'Urbain II écrivit, dans sa préoccupation pour les églises d'Espagne toujours en souffrance, à dom Bernard, archevêque de Tolède, à propos de l'affaire de l'évêque de Compostelle, dom Diègue Pelaiz et du cardinal Richard. Celui-ci, quelques mois après le concile de Huzillos, avait du rendre raison de sa conduite au Pape. Il avait été flatté et comblé de dignités par le roi, qui, principal agent de la déposition de l'évêque de Compostelle, rêvait d'assujettir l'opulent archevêché de Tolède à la juridiction du monastère de Saint- Victor de Marseille ^. Enfin, il s'était vu privé de sa légation en Espagne. Bernard l'avait provisoirement remplacé, car il ne paraît pas que le Pape eût définitivement et officiellement choisi ce dernier pour cette succession *.
1. Maxsi, Cojwî., XX, 079. D'aill(»ui*s il ou écrivit également à Frotaixl pour l'infornier. Mansi, ièfid., 678.
2. A propos de l'église d'Espagne, il est dit au Martyrologe romain sous le 5 octobre, qu'en cette année 1089, Urbain II canonisa Attilan, évéque de Zamoi-a :
• eodem diesancti Attilani episcopi Zamoronsis, quem Urbanus secundus in sanctorum numemm retulit ». — Mémo chez les Espagnols, les auteurs ne saccordent pas sur la réalité de ce fîiit.
X FiTA, Extrait des Études historiques, t. II, p. 15. Madrid, 1884.
• 4. Urbain II, dans cette lettre, dit positivement que l'Espagne est actuellement
Il fallait agir. Aussi le Pape recommande-t-il vigoureusement à Bernard d'appliquer sa prudence et sa religion à corriger les méchants et à faire observer la discipline des canons, avec courage et sans trêve, pour la gloire de l'Église romaine. Il le supplie de « se tenir debout, comme une sentinelle active auprès des évêques, des princes, des rois, du peuple, pour ramener les égarés et confirmer les fidèles dans la vaillance. » En même temps, défenseur persévérant des opprimés, le Pontife très compatissant ne tolérera pas plus longtemps la trop longue captivité de Tévêque de Saint-Jacques, « Il faut qu'il soit délivré de ses fers et rendu à son église ^ . »
Quelque temps après, on célébrait en Espagne le concile de Léon, où le légat Raynier, Bernard de Tolède et d'autres évêques, s'étaient réunis à l'occasion de la mort de Garcias, roi de Gallicie et de Lusitanie. L'affaire de l'évêque de Saint-Jacques y fut examinée. Pierre, qu'on avait substitué à sa place , fut déposé. Mais comme on redoutait les susceptibilités du roi, dont l'évoque Diègue n'avait pas les faveurs, par politique, on temporisa jusqu'à l'année suivante où le souverain Pontife nomma au siège de Compostelle, Dâlmace, un de ses chers moines de Cluny.
Les Pères du concile résolurent qu'à l'avenir les offices ecclésiastiques seraient célébrés, en Espagne, suivant la règle de saint Isidore. Quelques-uns ont cru voir, dans cette décision, la substitution du rite romain au rite mozarabe, laquelle avait déjà été ordonnée du reste en d'autres conciles d'Espagne 2. Le rite
privée d(3 légats, « quum nullus in veslris parlibus apostolicx Sedis legatus exsiitil ». Il ajoute, d'un côt*'?, que Richard a eu jusqu'ici cette légation, • quam hactenus habuit », et de l'autre, il demande à Bernard de lui indiquer • cui potissimum committenda Sedis apostolicœlegatiovidealur • ? D'autre part, Ferreras {H ist.d* Espagne, t. III, p. 2(38) dit : «Le Pontife de Rome constitua provisionnellement son légat en Espagne, Dom Bernard, archevêque deTolêcfe ».
1. Nous sommes fondés à croire que cette lettre a été écrite dans le cours même du concile de Melfi. Jaffé {Régent., 5424) place cette lettre en 1089, sans lui fixer de date précise. Une étude savante de VnxiEstudios historicos' Coleccimi de arliculosj t. II, p. 18; Madrid, 1884) nous permet de l'assigner au 11 sepU.'mbre de cette même année, dumnt le concile de Melfl.
2. Il paraît qu'on a voulu simplement, dans ce concile,- faire allusion à lalettro de saint Isidore à l'évêque de Cordoue, lettre où le saint détaille les différents
romain avait 8ubi de nombreuses modifications sous Tinfluence des premiers hérétiques et à la suite des invasions des Maures. Les disputes dogmatiques et les maux de la guerre produisent une perturbation profonde dans la conscience religieuse d'un peuple et dans les manifestations ofiicielles de son culte. Et ({uand ce peuple chrétien s'est fait de sa liturgie, surtout dans les jours mauvais, une partie intégrante de lui-même, il y tient conrime à Texpression intime de ses douleurs et de ses espérances. Ainsi les Juifs tiennent-ils aux hymnes qui les ont consolés à Babylone, et à la muraille de Salomon qui est comme la racine de leur espoir d'une restauration religieuse. Aujourd'hui encore, après bien des variations, la liturgie mozarabe n'a pas complètement disparu du territoire espagnol; l'autorité du Pontife romain a laissé un gage de consolation à cette nation catholique et les voûtes de la cathédrale de Tolède retentissent encore des vieux chants du moyen âge.
Mais le changement qui fut décidé dans le concile de Léon fut celui des caractères gothiques en caractères français pour la plus grande facilité de tous et aussi pour ne pas fomenter de divisions entre les clercs. Partout ailleurs, les livres liturgiques, bréviaires et missels, étaient écrits en caractères français. Et les moines de Cluny, français d'origine et jouissant d'une grande influence en Espagne, tendaient de tout leur pouvoir à les y introduire. Quoi qu'il en soit, la coml)în{iison ne parait pas avoir eu de suite tout le succès désirable *.
IV. — Urbain II a Baui et a Bhindes. — Le Mal des Ardents EN France. — Privilèges accordés a l'église de Reims. — Yves de Chartres.
Pendant ces événements d'Espagne, le Pape était dans la
offices et les diffc^rents rites (d'Aguirre, Conc, Ilisp,, t. III, p. 298). Cette règle de ^aint Isidore, au fond, était une mitigation de la règle de saint Benoit.
1. Les caractères gothiques avaient été mis en usage, vers le milieu du iv« siècle, par Wulphilas, évèquc des Goths, qui le premier traduisit la Bible en leur langue.
Fouille et se dirigeait vers Bari où l'attiraient les sollicitations de « ses chers fils de l'Église romaine, Boêmond et Roger ». Il y devait rencontrer également un vieil ami de la Gava, Héli^ auparavant moine de cette abbaye et, à cette heure, archevêque nommé des églises de Bari et Canusium. Le Pape, par ég^rd pour cette amitié, allait faire une exception à Tusage reçu et conférer à Télu la consécration épiscopale dans sa propre résidence. Ce fut le 3 septembre 1089 qu'il fit son entrée solennelle dans Bari 2. Il y consacra donc Tarchevêque par affection pour le peuple fidèle qui réclamait cette faveur, et à cause de sa propre dévotion à saint Nicolas.
Les reliques de l'illustre saint avaient été apportées de Lycie dans cette ville en 1087, sous Victor III. C'était Héli en personne qui, alors abbé de Saint-Benoît près du port de Bari, les avait reçues solennellement dans son église; depuis cette translation, les miracles se multipliaient au saint tombeau. Aussi, dès le lendemain du sacre épiscopal, Urbain consacra la confession de saint Nicolas et plaça de ses propres mains les ossements précieux dans le nouveau sanctuaire ^. L'archevêque Héli devenait le titulaire de l'église récemment construite sous le vocable du saint ^, et, quelques jours après la célébration de ces solennités, il recevait du Pape une lettre de faveur avec les honneurs du pallium. Comme le Pontife n'octroyait de privilèges aux abbayes que pour assurer la fidélité des religieux aux observances monastiques, ainsi, dans sa pensée, les honneurs accordés à un évêque ne doivent pas seulement ajouter à sa gloire extérieure, mais le confirmer dans les vertus, principalement dans la charité, a Le symbolisme du pallium, dit le Pape, est de signifier l'amour parfait de Dieu et du prochain ^, » Les honneurs en
1. «... ciijus fuorat innionastica disciplina apud Cavensc monasterium maxinia failli liaritate conjunctissiraus ». Ughelli, Ital. sacr., l. VII, p. 008.
2. Anonym. Barms., ap. Muratori, R, H, SS. V, 154\ Il dit on 1090, mais d'après la manière de compter dont nous avons fait mention, c'est en 1089.