Iv., Décret,, p. XIV, c
rheureuse nouvelle. Ce qui l'a porté à prendre un soin particulier de leur église, c'est d'abord sa personnelle dévotion pour Notre-Dame, puis les souffrances trop prolongées que cette pauvre église a endurées de la part d'un évéque indigne de ce nom. Et pour ne pas éterniser une situation lamentable, il a voulu lui-même donner l'onction des Pontifes au prêtre de leur choix : « Nous vous le renvoyons, leur dit-il, consacré des mains de saint Pierre, et, au nom du Prince des Apôtres, nous vous supplions de le recevoir et de l'honorer comme votre véritable pasteur ^ » Et il les avertit de ne plus communiquer désormais en rien avec Geoffroy.
Le lendemain, il prenait la peine d'annoncer à Richer, dans une lettre pleine de mansuétude, que sans léser ses droits de métropolitain, il avait ordonné Yves. Lui rappelant les calamités de l'église de Chartres, motif bien pressant de ne pas laisser davantage un troupeau devenir la proie des loups, il lui demanda de recevoir avec bonté son nouveau suffragant, et de lui prêter son appui pour le bien de la paix 2.
Richer résista. L'ordination d'Yves l'avait achevé. On le vit, Tannée suivante, à l'instigation de son oncle de Paris, convoquer un concile à Etampes, en vue d'annuler l'acte du Pontife romain. Mais celui-ci, avec l'imprescriptible autorité de Pierre, ne cessa de soutenir l'évêque de Chartres; il mit dans la lutte toute la douceur possible, mais en s'arrêtant aux frontières de la faiblesse.
Les lutteurs intègres sont ses préférés. C'est ainsi qu'après Yves de Chartres, il encourage son pareil, Thiémon de Saisbourg, cette année même, durant son séjour à Capoue, en lui envoyant le pallium par l'entremise du vaillant Âltmann de Passau 3, à qui il écrit : « Je fonds de joie dans le Seigneur, lorsque j'entends parler de vos chevaleresques exploits dans les affaires de Dieu et de vos souffrances pour l'Eglise...»