î'esi ainsi (4110 i'api)elait Innocent IV
JJ. Il faut rcMiiarqn<;r quo cette ôcole (l(> Pabbayo de Saint-Renii était tout à fait fiistincic de celle du chapitre de Reims.
bien ses intentions que les historiens citent parmi les écoles les |)lus célèbres fondées par TEmpereur, avec l'Ecole Palatine, celle de Reims en même temps que celles de Saint-Martin de Tours et de Corbie. Hincmar, exact observateur des Gapitulaires, est un des premiers évoques qui aient établi des écoles dans Irur diocèse. Sigloard, chanoine de Reims, en fut le premier maître. Après une interruption, causée par les courses des Normands, Foulques les rétablit. Adalbéron, après lui, en confia la conduite à Gerbert.
Gerbert formait l'esprit de ses élèves par la double discipline . de l'exercice de l'éloquence et de la logique pratiquée d'après Aristote, Porphyre, Cicéron, Boèce. 11 avait de continuels rapports avec les savants de France, d'Allemagne et d'Italie, aux- (|uels il demandait des copies de manuscrits et les parcliemins ries mathématiciens arabes. C'est de son séjour à Reims que «latent ses œuvres les plus remarquables. Il suivait la méthodes d'Aleuin dans l'enseignement des connaissances humaines, selon la grande division du Trwium et du Quadrivium'^.
Après Gerbert, les écoles de Reims furent soumises à la direction de saint Bruno.
Jeune encore, Bruno^ le futur fondateur de l'Ordre des Chartreux, après avoir ét('^ initié aux premiers éléments de la science dans l'école de l'église collégiale Saint-Cunibert de Cologne, sa ville natale, était venu à Reims, attiré par le nom déjà célèbre lie ce foyer de lumières. Il y eut de grands succès. L'archevêque Gervais, plus tard, en aura souvenir, quand, voulant donner un ••eolàtre de choix à sa collégiale*, il tournera ses regards vers
l. CVst-à-dire, d'une part, la grammaire, la rhétorique et la dialectique, et, de l'autre, l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie et la musique. — Ce fut à Reims également, dans la cathédrale, que Gerbert établit le fameux orgue hydraulique dont parle Guillaume de Maimesbury : « exstant enim apud illam (•crlesiam... organa hydraulica, ubi mirum In modum per aquîe calefacta? vioiontiain ventus cmergens implet concavitatem barbiti, et per muUii'oratil(>s trangitus aereœ flstulœ modulatos clamores emittunt >. Wu.i.elm. Malmesb., De Utit.rer, Angl., lib. II, c. x.
i. L'écolàtre avait aussi un rôle à remplir vis-à-vis des écoles rurales du diocèse. Les i-coles rurales existaient en effet au moyen âge. Elles étaient, comme tout ••titbiissement dHnstruction, sous la surveillance et dépendance de l'autorité ecclé-
Saint-Cunibert où l'adolescent est retourné pour y recevoir le sacerdoce et l'honneur d'un canonicat. Les brillantes éludes de l'élève faisaient bien augurer des brillantes leçons du maître. Bruno vit sa chaire entourée d'une jeunesse d'élite enthousiaste. Pendant les longues années de son enseignement il mérita les éloges que ses contemporains lui ont décernés sans mesure quand ils l'appellent la perle de la sagesse, la lumière des églises, h» docteur des docteurs, a le soleil qui, dans cette nuit de Tignorance, jeta ses purs rayons sur le monde chrétien * ». Aussi, plus d'une illustration sortit-elle de son école : Rangier, archidiacn» d(i Saint-Paul de Londres, mort cardinal-archevêque de Reggio en Calabre; Robert, évéque de Langres; Hugues de Châteauneuf, évoque de Grenoble ; Pierre, abbé des chanoines réguliers de Saint-Jean des Vignes de Soissons; une foule d'autres abbés et de prélats, celui, en particuli(»r, qui devait arriver à la prélature suprême, Odon de Lagery.
11 est incontestable qu'Odon, avec les jeunes clercs d(^ familles nobles qui fréquentaient alors les écoles, reçut les leçons du « plus fameux écolâtre » de Téglise de Reims. La métropole, sa mère, lui donna, « comme à son enfant propre, le lait de la doctrine et de la sainteté ^ ». Il pouvait avoir environ seize ans. Ce qu'il recueillit de connaissances auprès de Bruno, on peut en juger par les écrits, quoique peu nombreux, qui nous restent d<» lui, et surtout par les éclatantes actions de son Pontificat. Aussi bien, le maître laissait-il refléter sur son front l'auréole de la sainteté avec le rayonnement du savoir. Odon sans doute éprouva cette double influence, et c'est une gloire pour lui d'avoir eu un tel maître, comme pour Bruno d'avoir formé un tel disciple.
siastique supérieure. Los prélats, dans leurs visites, devaient s'en occuper d'une manière spéciale.
La nomination des maîtres d'école se faisait le plus souvent par le patron de l'église, comme celle du curé. Dans certains cas, le patron ne s'attribitait qu'un droit de présentation. L'institution du maître était alors sans doute réservée à Pévéque, ou peut-être au grand écolâtre de la cathédrale. (Cf. Li-oi». Delisi.e, Étude sur la condition de la classe agricole en Normandie au Moyen Age, p. 176.)