Alex. Comn., Epistola^ Pirf. XXIV, p
4. « Muito propensius generali christianitatis periculo piilsaretur, qua) quotidianis (Yentilium niinucbalur incureibus : et sarracenorum namque irruptionibus H ispanias audiebat sa»pis.sime conturbari. • (resta Dei, 1. II, 477, IIanovi{«. 1611. — Sur Alexis, cf. Chalandon, Essai rar le règne d'Alexis Comnène^ Paris, Picard, 1900.
5. • Uanc igitur nostri mundi portiunculani Turci et Sarraceni bello pivmunt jamque a trecentis annis Hispania et Balearibus insulis subjugatis quod reliquumest spe dévorant... • Willem. Malu., 1. IV, c. n. Migne, CLI, 571.
Ift
bien ce péril d'Occident. Même il faut admettre sans aucun doute que plusieurs autres causes secondaires vinrent s'ajouter à celle-ci, comme Tinfluence des Normands en Sicile, Tétat de TEurope, et particulièrement les guerres intestines au sujet desquelles le Pape voulait opérer une diversion efficace, u Vous vous mordez et mangez les uns les autres, dira-t-il aux seigneurs dans le concile, vous provoquez des luttes et le plus souvent vous vous y mutilez et vous y tuez; que les haines cessent donc parmi vous, que les querelles s'apaisent; finissent vos guerres et vos éternelles discordes. Et prenez le chemin du Saint Sépulcre ^ »
C'est que, en définitive, par-dessus les considérations humaines et politiques, si importantes qu'elles fussent, Urbain II voyait dans l'expédition de la Terre Sainte ce que Ton appelait alors <c le volage de Dieu »''^, et la délivrance du tombeau de Jésus-Christ.
IIL — Le Pape en France. — Indiction du Concile de Clermont. — Voyage du Pape. — Cluny.
Quand il eut réglé toutes choses en Lombardie, le Pape se mit en route, par voie de mer, pour la France 3. Ce voyage fut un des grands événements du siècle, non seulement par ses résultats immédiats, mais parce qu'il inaugurait, de la part du Saint-Siège une politique nouvelle'*. Urbain, tant s'en faut, n'avait pas seulement en vue la croisade. N'écrivait-il pas aux évéques de France que c'était l'ensemble des affaires ecclésiastiques qui l'appelait auprès d'eux ^. Et ne dira-t-il pas au concile de Clermont qu'il y avait beaucoup à faire en France, et « qu'il fallait beaucoup de temps pour remettre
1. Robert. Mon., Rec, des Hist. des crois. HisL occ, t. III, p. 728.