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l'ordre dans répouvantable chaos des crimes du siècle ^ ? » Il est vraisemblable qu'Urbain II s'embarcpia à Gênes, avec l'escorte d'hommes que la ville de Bologne lui avait ofierte, et avec la suite des cardinaux et évéques italiens qui tinrent à l'accompagher sur le territoire français. S'il faut en croire Albéric d'Aix, il aurait franchi les Alpes par le mont Cenis, ce qui n'est pas impossible, car le Pape n'en était pas loin, le passage était fréquenté et la saison favorable. On était au mois de juillet 1095. Arrivé à Valence, il y fît la dédicace de la grande église de cette ville, placée sous le vocable de la Bienheureuse Vierge Marie et des saints martyrs Corneille et Cyprien.
Il célébra la fête de l'Assomption à Notre-Dame du Puy". Son intention première était d'y célébrer le concile et de mettre la croisade sous le patronage de la Mère de Dieu. S'il faut en croire Guillaume de Tyr, il aurait d'abord fait choix de Vézelay, pour y convoquer le concile. Vézelay, dans l'Yonne, est un point plus central et plus accessible que Le Puy ou même Clermont. Saint Bernard y prêcha la deuxième croisade en présence du Pape Eugène III. Mais le concile eût été alors sous la main d'un roi excommunié, Philippe 1*', qui eût pu faire peser sur le Pape le contrepoids de son ressentiment. Mais quoiqu'on vint de toutes parts en pèlerinage à Notre- Dame du Puy, les ressources de la ville n'eussent pas suffi a l'afHuence sans précédent que le Pape voulait y attirer. Clerpiont, assis sur un piédestal dominant une splendide vallée, pouvait seul servir de trône au Pape, prédicateur de la croisade, et les vastes plaines de la Limagne permettre à l'immense assemblée d'entendre les échos de sa voix. Le dernier boulevard de l'indépendance gauloise serait le champ d'action de la liberté religieuse revendiquée et reconquise, comme il servirait au réveil de l'esprit chevaleresque de la race. Ce fut donc pendant son séjour au Puy qu'Urbain II, « en