WiLL. Malu., 1, IV, C. II
2. D'après Geoffroi du Vigoois, chroniqueur français, moine de Saint-Martial de Limoges, mort après 118^1. Cf. Labbe, Bibl., II, 293.
vertu de son autorité apostolique, indiqua un concile à Clermont pour le 18 novembre, jour de l'octave de la Saint-Martin; et par une encyclique solennelle il y invita, suivant les formes canoniques, les évêques des diverses provinces* ». Cette lettre encyclique fut adressée à tous les métropolitains avec charge à eux de notifier la convocation pontificale aux évéques, leurs suffragants, aux abbés, aux autres prélats d'église, enfin aux princes et seigneurs séculiers. C'était la levée en masse de l'Église et de la Chevalerie; celle-ci absorbait au plus hautpointFespritduPape, puisqu'il s'agissait d'organiser l'expédition militaire contre les infidèles^. Les évêques d'Espagne eux-mêmes furent convoqués ^. Comme les dispositions n'étaient pas prises pour permettre de suite la célébration du concile, le souverain Pontife se détermina à parcourir les villes et les provinces pour résoudre diverses diflicultés pendantes, consacrer des églises ou prêcher, à l'apostolique, le royaume de Dieu. Il semblait que la Papauté eût davantage besoin de se produire à une époque où elle était le plus discutée, dans un temps où les scènes de violence et de schisme soulevées par les antipapes nécessitaient un contrepoids par l'affirmation pacifique du véritable héritier des droits du Christ. Aussi bien les difficultés des communications rendant impossible à la masse l'accès du Pontife romain, et d'ailleurs la vie féodale confinant les populations dans leurs provinces, le Pape devait apparaître comme un personnage imaginaire, qu'on appelait, ironiquement peut-être, le vicaire visible de Jésus- Christ. On comprend dès lors que la Papauté descendit de son trône et se manifestât parmi les peuples comme le faisaiit le Prince des apôtres, et comme eussent sans doute fait les premiers Papes si le génie du mal ne les avait tenus enfermés dans les catacombes et ne les eût obligés d'établir une pénible solution de continuité entre la tradition première des temps apostoliques et les siècles postérieurs ; on comprend, disons- nous.