Berxold, J/. g, SS.y-y
2. Malheui'eiisemont la lettrf» encyclique du Pape ne nous a pas été conservée.
3. - Anno 1095 niense novembri pnefalus Papa omnos ejiiscopos Gallia* et Hispaniîe congrcgavit." • Ohd. Vit., 1. IX, c. in.
les explosions d'enthousiasme religieux, le réveil de vie chrétienne et l'amour profond de l'Eglise évoluant comme une traînée lumineuse derrière l'auguste porte-flambeau de la foi,
Urbain II eut cette gloire entre plusieurs autres, Père commun des fidèles qu'il était, de se montrer à ses enfants. Il vécut parmi les siens comme le Sauveur dont il était le représentant sur terre; comme Lui, il fut l'apparition de la bonté. Arbitre des différends, pacificateur des conflits, distributeur de la justice en la couvrant des charmes de la charité, il promenait partout sa devise bénédictine : Fax! et sa contre-signature apostolique : serviteur des serviteurs de Dieu ! On a peine à se figurer, disent les chroniqueurs, le délire de joie, l'amour, les sentiments de vénération profonde avec lesquels il était accueilli partout, parmi ces populations françaises en qui était inné le dévouement le plus fort au Siège apostolique. Les démonstrations éclataient d'autant plus, rapporte dom Ruinart, qu'on savait Urbain II Français d'origine, d'une naissance illustre, d'une sainteté et d'un savoir incomparables. Guibert de Nogent renchérit sur l'éloge : « Aussitôt, dit-il, que le Pape eut mis le pied sur le territoire du royaume, un pieux enthousiasme se répandit parmi les cités, les bourgades et même les plus humbles villages. On accourait de toutes parts avec d'autant plus d'entrain et d'allégresse que la génération actuelle n'avait pas souvenance d'avoir jamais vu le souverain Pontife dans le pays. » Depuis saint Léon IX, en effet, c'est-à-dire depuis la moitié du siècle, nul pape n'était venu en France.
En quittant le Puy, Urbain II se dirigea vers le monastère de la Chaise-Dieu, dans la Basse- Auvergne, fondé par saint Robert, et alors très florissant. L'église, commencée par le fondateur lui-même, venait d'être achevée sous le gouvernement de Pontius, Tabbé. Le Pape la consacra solennellement le 18 août et la plaça sous le vocable des saints martyrs Vital et Agricole dont les reliques avaient été apportées jadis en ce lieu par un évéque de Clermont *. 11 était assisté en particulier des évêques Hugues
1. Geoffroy de Vigeois, ap. Labbe. BibL, II, 21)3. Quelques jours après, le 6 sep-
de Grenoble, Gérard de Cahors, Daimbei*! de Pise, Amat de Bordeaux et de Hugues de Lyon qui revenait d'un pèlerînag-e à saint Jacques de Compostelle ^
Ce fut à ce moment, c'est-à-dire le 23 du mois d'août, que le Pape se rendit à Romans, dans le Dauphiné, où il avait convoqué les évêques de Grenoble et de Vienne. Il y approuva avec bonheur la discipline régulière que les chanoines de la cathédrale avaient récemment embrassée ^ . Passa-t-il ensuite par Nîmes ? Toujours est-il que, désireux de donner aux moines le témoignage de ses préférences et de se retremper lui-même parmi eux dans la vie monastique, Urbain II allait, quand il le pouvait, d'abbaye en abbaye. Il demeura quelques jours au monastère de Saint-Gilles, dans la vallée Flavienne, au diocèse do Nîmes. Il y célébra la fête du saint de ce même nom, ce qui augmenta dans son âme, et sa dévotion pour le bienheureux, et son affection pour l'abbaye qu'il déclara désormais vouloir conserver comme la prunelle de son œil ^.
Alors se termina sous son heureuse influence le différend qui s'était élevé entre Bertrand, évêque de Nîmes, et Odilon, abbé de Saint-Gilles.
A Tarascon, en Provence, le 11 septembre, il bénit l'emplacement d'un monastère que la comtesse Stéphanie avait donné à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille *, et exhorta tous les fidèles de la région à concourir à l'édification de la nouvelle église autour de laquelle les moines devaient bâtir leur maison en l'honneur de saint Nicolas ^. C'est de là qu'il se rendit à Avignon ^,
tembre, étant à Saint-Gilles, le pape confirma les privilèges do la Chaise-Dieii. MIO.NE, CLI, 424.
1. Le même jour, il confirma les biens du Parthénonde Saint-Pierre de Bleslo, en Auvergne, à la prière de l'abbesse Florence. Ce mot parthénon (de isapôsvo;, vierge) fut souvent employé dans les siècles suivants pour désigner les couvents de femmes. Migne, CLI, 422.
2. Dans le bn^fde confirmation il faut lire non pas Roma, mais Romanis, Cf. Cruceus, Rer. Cadurc. hist.f p. 6o.
3. Dans la bulle de i*econnaissance du 12 septembre, datée d'Avignon : • tanquam oculi nostri pupillam volumus custodiri •.