Cf. Martkne et Duït., Vel, Script., I
5. Cart. de l'abb. de Saint-Victor de Mars,, t. I, p. 243, n. 220.
6. Une bulle y confinne les biens des chanoines réguliers. (Migne, CLI, 420.)
puis à Saint-Paul-Trois-Châteaux, dans le Dauphyié, où il approuva les chanoines de Saint-Ruf, dont le monastère s'élevait à l'ombre des murs d'Avignon *. .Cette célèbre congrégation de chanoines réguliers devait illustrer l'Eglise en lui donnant quatre papes, plusieurs grands évéques et un grand nombre de savants et saints personnages.
C'est à ce moment que le pape Urbain II confia, comme nous l'avons vu, aux soins de quelques religieux, appelés du monastère de Montmajour, près d'Arles, la garde des reliques de saint Antoine, dans le village de La Motte Saint-Didier. De la fondation des frères hospitaliers qui leur furent adjoints sortit l'ordre fameux de Saint- Antoine.
Remontant le Rhône, le Pape passa par Lyon 2 et de là se rendit à Màcon ^ pour arriver à Cluny le 18 octobre *. Avant de paraître à Clermont pour y appeler sous les armes la Chevalerie française, Urbain II avait besoin d'aller chercher des inspirations à l'abbaye, la pépinière des souverains Pontifes, école des saints et foyer dé l'Eglise. C'était la patrie de son âme : moine, il y avait appris à devenir Pape. Quelles images surgissent dans sa pensée, quels sentiments remuent son cœur quand, dominant du haut de la colline la vallée de la Grosne, il aperçoit au milieu d'un cirque de sombres forêts, la blanche abbaye qui cache dans son sein les plus belles années de sa propre jeunesse ! Sans doute il se voit encore lui-même, le front sans ride sous le capuce, tandis qu'à cette heure la tiare lui pèse lourd sur la tête et le pallium sur les épaules ! Quelle mélancolique douceur dans son àme, lorsque les cloches, s'éveillant dans le campanile de la vieille église, carillonnent son joyeux avènement de Pontife, ces mêmes cloches qui jadis ré-