‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 22 sur 356 · Cf. Maklot, Metrop. Hem. hist., Il · texte numérisé non relu

Cf. Maklot, Metrop. Hem. hist., Il

où il prend, selon les appc'irences, une voie toute contraire.

Par l'affinité mystérieuse qui les unit, les saints se comprennent vite. Faits du même tempérament, lorsqu'ils se rencontrent pour la première fois, ils se connaissent déjà depuis longtemps. Leurs mêmes façons de penser, leurs communes aspirations, le même Dieu qui les tourmente, leur révèlent une fraternité profonde, plus vieille que la connaissance qu'ils en ont. Depuis longtemps, Odon a compris les allusions de Bruno. Déjà il a fait dans son cœur le sacrifice des joies du monde : comme son maître et avant lui, il quitta le désert pour entrer dans la Terre promise.

C'est la marque d'une grande âme de se scMitir mal à l'aise au milieu des honneurs, et le signe d'un cœur généreux de n'y demeurer pas longtemps. Odon fut le premier à exécuter son dessein. Il partit et, à tous les sacrifices qu'il eut le courage de faire, il ajouta celui de l'amitié. L'union de sentiments en laquelle il vivait avec Bruno n'avait pas tardé à créer entre eux un attachement profond. Leurs communes tristesses dans un milieu désolé l'avaient rendu plus solide. Toutefois, la séparation, cette ruine des meilleures amitiés, fut loin de porter un coup à la leur, et Odon, après avoir immolé ses aCTections, entendra un jour en lui-nxéme toutes les réclamations de son cœur, au sujet d'un ami délaissé au moment de l'orage. Quand de nouvelles tempêtes l'environneront sur la barque de Pierre, il appellera à son aide le fondateur de la Grande-Chartreuse et celui-ci n'hésitera pas à quitter ses premiers-nés du désert pour aller consoler son enfant rémois.

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