‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 230 sur 356 · discours · texte numérisé non relu

discours

3. « Peccatorum indulgentiam et fructum a»ternîe mcrcedis se noa dubilent habituros. » Guilu de Tyr. Migne, CLI, 568.

rexcommunication de son évêque et demeurerait frappé de la censure tant qu'il n'aurait pas restitué ou réparé le dommage. Quant aux évèques et aux prêtres qui ne s'opposeraient pas énergiquement à de pareils violateurs du droit, nous les déclarons suspens jusqu'à ce qu'ils aient obtenu leur pardon du Saint-Siège ^

« Aux armes pour la Terre Sainte qui vous a donné la foi ! Je vois marcher, seul, devant vous, pour entraîner à la guerre qui est la sienne, comme chevalier porte-étendard, le Christ ^ ! »

La voix du Pontife remua tellement les cœurs de l'immense assemblée que de toutes les poitrines s'éleva, comme un bruit de tonnerre, le cri formidable : « Dieu le veut! Dieu lèvent! » Alors on vit un enthousiasme indescriptible. On eût dit que le mirage de la cité sainte apparaissait à l'horizon des montagnes voisines : ce n'étaient que pleurs, gémissements, exclamations et soupirs 'articulés en diverses langues et lancés vers le ciel '^. Séance tenante on trouva plus de cent mille hommes qui consentirent à s'enrôler dans la milice du Seigneur^. Il se fit un ébranlement incroyable parmi les populations occidentales comme jamais on n'en avait ouï de pareils dans les siècles précédents 5.

« Ceux qui disent, s'écrie de Maistre, que les croisades ne furent pour les Papes que des guerres de dévotion, n'ont pas lu apparemment le discours d'Urbain II au concile de Clermont. Jamais les Papes n'ont fermé les yeux sur le mahométisme jusqu'à ce qu'il se soit endormi lui-même de ce sommeil léthargique qui nous a tranquillisés pour toujours ^. )>

Maintenant s'étonnera-t-on de voir l'Église légitimer cet immense mouvement de la guerre sainte et les Papes s'en faire les hérauts ? N'est-ce pas le moine des moines, saint Bernard,

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