‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 231 sur 356 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

5. Chroniq. Monl-Cassin. Pertz, SS.y VU, p. 765. C. De Maistre, Du Pape^ 1. III, ch. viii.

qui fut plus tard le porte-croix du pape Eugène III dans la prédication de l'expédition sainte? Sa parole était accompagnée de prodiges, comme si Dieu avait voulu manifestement apporter son suffrage à cette évolution de la discipline de TÉglise. Bernard, le très doux moine qui s'étonnait d'avoir été, au synode de Chartres, choisi comme le chef de l'expédition, s'écriait : « Organiser des troupes, marcher devant les hommes d'armes, qu'y a-t-il de plus opposé a ma profession, quand même j'aurais les forces et le génie des combats? » Pourtant il était celui qui prêchait la guerre contre les infidèles comme devant être la source d'un grand fruit pour les âmes... C'est lui qui appelait le tempà de la croisade le Jubilé et VAnnus placabilis : « Maintenant, disait-il, soldat courageux, homme de guerre, tu as où combattre sans péril, puisqu'il y a gloire à triompher et lucre à mourir. Es-tu le marchand habile, industrieux, l'ambitieux du siècle, je t'indique un marché de rapport... Prends le signe de la croix et de tous les péchés que tu auras accusé d'un cœur contrit, tu obtiendras la rémission complète. » Ce fut lui enfin qui, malgré les défaillances de l'âge, amenées par l'excès des jeûnes et des privations, malgré le poids de la vieillesse, parcourait le royaume, prêchant partout le règne de Dieu ^

IV. — Enthousiasme pour la croisade. — Organisation. — Indulgences. — L'office de la T. S. Vierge et l'Angelus.

Quoi qu'il en soit, on vit alors une poussée innombrable de peuples, raconte Sigebert, ducs, comtes, nobles, roturiers, riches et pauvres, esclaves et riches, évêques, clercs, moines, vieillards et jeunes gens, enfants et jeunes filles, avec un merveilleux ensemble, sans que personne pût empêcher personne, arriver de tous côtés d'Espagne. Une armée infinie se leva pour aller vers Jérusalem 2.

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