Catalan, Pont, Rom.^ II, p
2. • Inflnitus exercitus Hierusalem ivit. ■ Annal, S. Ben. Div,. Pertz, V, -13.
D'après Guillaume de Malmesbury, un certain nombre de grands, aussitôt le discours, vinrent se jeter aux genoux du Pape, et se consacrer, eux et leurs biens, à la milice de Dieu. « 11 n'y eut pas de peuplade si lointaine et si cachée, continue le chroniqueur, qui n'envoyât quelqu'un pour la représenter. Car non seulement les gens des provinces méditerranéennes furent ébranlés, mais tous ceux qui, jusque dans les îles les plus lointaines, même chez les barbares, avaient entendu parler de la foi chrétienne. Alors le Wallon abandonna les chasses de ses forêts, l'Ecossais secoua la saleté de ses puces, le Danois quitta ées habitudes de boisson, l'homnie du Norique mit un terme à ses indigestions de poisson. On n'avait cure de la parenté ou de l'amitié, on ne tenait plus à la patrie, on ne voyait que Dieu devant soi K Tout ce qu'il y avait dans les greniers, dans les salles à manger, on le laissait ; on n'avait plus faim que du voyage de Jérusalem. Ceux qui partaient étaient heureux, ceux qui restaient étaient tristes. Pourquoi parler de ceux qui restaient? Car on voyait les chefs de famille partir avec leurs longues smalas. Jamais peuples ne s'entendirent si universellement sur une seule idée ! Jamais hordes barbares ne courbèrent ainsi la tête sous un seul commandement ^. »
Voici encore ce que dit Orderic Vital : « Un désir étonnant d'aller à Jérusalem ou de venir en aide à ceux qui partaient, animait également riches et pauvres, hommes et femmes, moines et clercs, citadins et -paysans. Les maris étaient prêts à laisser chez eux leurs épouses aimées ; celles-ci à leur tour souhaitaient ardemment de laisser leurs enfants, quoique avec larmes, avec toutes leurs richesses, et suivre leurs maris à la croisade. Alors les terres, de grande valeur jusquerlà, se ven* daient à vil prix et on achetait des armes pour aller venger Dieu contre les Sarrasins. Les voleurs, les pirates, les différents criminels, touchés de la grâce, sortaient de l'abime de leurs misères, renonçaient à leurs crimes en les désavouant et, pour les expier, partaient pour le pays lointain. Le prudent Pape