‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 239 sur 356 · Anselm., ép. 130, 1. III · texte numérisé non relu

Anselm., ép. 130, 1. III

d'ailleurs dit lui-même que le Pape avait formellement défendu à tout religieux de partir sans l'autorisation de son abbé. « J'étais présent, ajoute Anselme, quand le souverain Pontife porta cette défense. » On voit encore que Geoffroy de Vendôme* écrivit à Odon, abbé de Marmoutier, pour lui faire abandonner son projet de croisade. Il lui donnait comme raison qu'Urbain, en même temps qu'il recommandait le voyage aux laïques, l'avait interdit aux moines. Il paraît que certaines religieuses, entraînées par le courant, avaient également eu la témérité de s'enrôler. Aussi Ton parle d'une de ce^ femmes entreprenantes qui, ayant revêtu la croix, s'en fut demander la bénédiction à Tévéque de Toulouse, lequel lui signifia qu'elle ferait beaucoup mieux de rester chez elle. Elle finit par se rendre'^.

Toutefois à cette règle si sage il y avait des exceptions nécessaires. Ainsi, au commencement de 1098, Gebhard, abbé de Schaffouse, quitta le gouvernement de son monastère, du consentement du Pape, pour partir à la croisade. La ville de Jérusalem une fois prise par les armées chrétiennes, il fut, au rapport de Berthold, constitué le premier gardien du Saint Sépulcre.

Quoi qu'il en soit, à une si formidable armée il fallait un chef. Urbain II alla-t-il de cour en cour en offrir le commandement au roi d'Angleterre, au roi de Hongrie, saint Ladislas, comme le pensent certains historiens ^ ? D'après la lettre de ce Pontife aux princes de Flandre, il résulte qu'il se considérait lui-même comme le chef premier de la croisade ^.

Après la fin du concile, réunissant les évoques en session ordinaire, il les consultait pour le choix d'un chef snirituel qu'il conviendrait de placer à la tète de l'expédition. Tous les suffrages se réunirent sur l'évéque du Puy, Adhémar de Monteil,

L GoFF. VisD.,ép.21, 1. IL

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