V. MicuADD, Cf. Riant, Int\ ct^iL, p. IM
4. Voici ses paroles : • Ademarum, Po<liensein episcopum, hiijus itinoris ac laboris ducem, vice noslra, constituimus. • £>. L'rb,, Paris, Bibl. naU lat. 1C990. f. 70.
qui se recommandait par son savoir et sa prudence à l'attention de tous.
Voici ce que rapporte Baudri à ce sujet : « Dans le même concile , un homme d'un grand nom et d'un grand esprit entre tous, l'évêque du Puy, Adhémar, nous l'avons vu, dit le chroniqueur, s'approcha du Pape, le visage souriant et, fléchissant le genou, il demanda et obtint, avec la bénédiction du Saint- Père, la permission de partir. En même temps, Urbain manda que tous lui obéiraient et qu'il serait le chef de l'armée^, a cause de son grand courage et de sa singulière initiative. Une fois que l'armée de Dieu eut un si digne primicier, la masse des nobles donna son adhésion. Et tous aussitôt sur leurs vêtements cousirent le signe de la croix. Le Pape l'avait ainsi ordonné en citant cette parole évangélique : « Si quelqu'un ne porte pas sa croix, et ne vient pas après moi, il ne peut pas être mon disciple ». « Aussi vous devez, disait-il, adapter la croix à vos vêtements, afin de marcher plus sûrement et servir d'exemple et d'exhortation vivante à ceux qui vous verront 2. »
Tandis que se passaient ces choses, ajoute Baudri, voilà que les envoyés de Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, se présentent à l'improviste en plein concile ; ils disent que le comte prend la croix, et, à sa suite, une multitude innombrable de soldats et de gens de son duché. Et ils ajoutent : Si quelqu'un est à Dieu, qu'il se joigne à eux, qu'il donne de ses richesses aux pauvres, et ne refuse son appui ni son conseil à aucun des voyageurs! Voici que, grâces à Dieu, en tête des chrétiens qui vont partir, deux chefs s'avancent spontanément; c'est le sacerdoce et la royauté, les clercs et les laïques qui se donnent la main pour conduire l'armée de Dieu. Voici l'évêque et le comte, vision du nouvel Aaron et du nouveau Moyse^. A ces mots, les pusillanimes d'hier sont enflammés aujourd'hui; ici et là on les voit se draper dans les plis sacrés de la croLx ^.
1. • Exercitui patrocinaretiir. » II s'agissait bien d'une armée et (l*un évéque, comme l'archevêque Turpin de la chanson qui est de Tépoque.