Baldrici, Watterich, Rom. pont. Vil,, I
(lu grand nombre que Tâge ou la santé rendait incapables de porter le poids des armes.
« Dans les contrées d'Occident, raconte Guillaume de Tyr, il n'y avait ni âge, ni sexe, ni condition, ni situation qui tînt. Personne ^l'y songeait. Vainement eût-on essayé d'effrayer les volontés de la poursuite du grand projet. Tous indifféremment se donnaient la main, tous d'un cœur et d'une voix faisaient le vœu ! Apprenait-on qu'un chef sur le point de partir se trouvait là, les peuples arrivaient l'entourer en masse, pour se joindre à lui, se rallier à son nom et lui promettre foi et obéissance^. »
La solde était la remise des péchés. Avant la guerre sainte, les Pontifes romains n'avaient jamais fait la remise de plus d'une année d'indulgence 2. Ils commencèrent alors seulement, d'après Thomassin, à concéder la remise totale. Cependant la chose n'est pas tout à fait exacte. Urbain II lui-même, lors de la consécration de la Cava, en 1092, attachait à certains jours où Ton visiterait cette église, le gain des indulgences attachées au pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, et aux autres jours, l'indulgence de quatre ans et de quatre quarantaines.
Quoi qu'il en soit, ceux qui partaient pour la défense de la foi chrétienne et le recouvrement de la Terre Sainte, avaient pour solde l'indulgence plénière de leurs péchés.
Notons ici un détail intéressant. D'après la très ancienne discipline de l'Eglise, un soldat ne pouvait vraiment accomplir sa pénitence qu'en déposant les armes et en promettant de ne plus les reprendre. Les canons, même après l'an mil, le signifient clairement. Quand la guerre sainte commence avec Urbain II, les pénitents ne reçoivent plus l'ordre de déposer les armes, mais au contraire, pour eux, la pénitence c'est désormais le combat. On le voit d'après le canon II du concile de Clermont^.
Urbain II prononça la clôture du concile de Clermont le 28 novembre.