Mabillon, Ann. Ben.f VI, n
2. « Ubicumque fuit, praicepit cruces facere liominibus, etpergere Hierusalem. et liberare eam a Turcis et aliis gentibus. ■ Chron. Malleac, ad ann. 1096, op. Baronius, Ann, Eccl, ad annum 1C»95, t. XVIIl, p, 32.
L'abbé Pierre de Soliac qui raccompagnait depuis le concile de Clermont, le conduisit à travers les splendides montagnes de l'Auvergne, jusqu'à Aurillac *. Toujours accompagné par les moines, le Pape s'arrêtait toujours aussi chez eux. C'est ainsi que sur l'invitation de l'abbé Gérard, entrant dans le Limousin, il prit le chemin du monastère d'Uzerche dont il aurait consacré l'église, si l'évéque de Limoges qui désirait sans doute le posséder pour les fêtes de Noël, ne l'avait décidé à renoncer à ce projet. Retardé d'ailleurs dans sa marche par la maladie de Jean de Porto, il avait hâte d'arriver à Limoges. Quoi qu'il en soit, Gérard ne dissimula pas son mécontentement, et, s'il faut en croire une chronique locale, son ressentiment contre l'évéque de Limoges l'aurait porté plus tard à accuser celui-ci devant le souverain Pontife. II avait pu mettre de son côté l'abbé de Saint-Martial, Adhémar, si bien que l'évéque, comme nous le verrons dans la suite, eut à subir la sentence de déposition. D'ailleurs, les griefs portés contre celui-ci étaient fondés.
Par une coïncidence singulière, il y avait au monastère d'Uzerche, au moment du passage du souverain Pontife, un moine appelé Maurice Burdin, « un homme à plusieurs masques », comme Baronius le nomme ^, qui devait jouer un rôle infâme sous les Pontificats suivants. II serait curieux d'imaginer Jean de Gaëte, qui accompagnait Urbain II, rencontrant, sous les cloîtres de l'abbaye, ce personnage alors dans la pleine ferveur de la vie monastique, mais tristement destiné à devenir plus tard la tête du schisme. Jean de Gaëte et Burdin, le pape et l'antipape futurs! Gélase II et le pseudo-Grégoire VIII! Si le voile de l'avenir s'était déchiré devant eux, le fidèle chancelier aurait pu se voir lui-môme vingt ans après, venant en hâte et malgré lui, monté sur une mule, du Mont-Cassin à Rome, où l'appelait le collège des cardinaux, pour mettre sur sa tête la tiare de Pascal II; il se serait vu, aussitôt l'élection et les applaudissements, en pleine église, saisi à la gorge par Cen-