GoD. YiND., cf. 7, 1. II
"2. Nous ne voyons pas pourquoi JalTé (Regest,, 5199) met cotte bulle au 24 novpnibre l(iî»3. Goolfroy dit formollemont (cf. 7, 1. II) qu'Urbain II apprit. loi*s do son voyage à Vendôme, l'irrégularité de sa profession, c'est-fi-dire en février 101^.
bre 1093. Nous avons appris, dit-il, que l'évêque de Chartres a extorqué la profession à notre cher fils Geoffroy, votre abbé, quand celui-ci a reçu de ses mains la consécration. Nous la reconnaissons contraire à l'autorité de l'Eglise romaine. Cependant sachez que nous pardonnons miséricordieusement à l'abbé sa faute. Mais quant à la profession, nous la déclarons nulle et de nul effet. En outre, dans la crainte que plus tard l'abbé de votre monastère ne fasse profession entre les mains de son évêque, en renouvelant votre privilège par notre autorité, nous défendons la chose par les lettres présentes*.
Le langage est ferme, mais il est à remarquer que le Pape ne fait aucune allusion à l'évêque de Chartres. Peut-être sentait-il suffisamment les parfaites dispositions d'obéissance de celui-ci et comprenait-il combien naturellement toute autorité est jalouse de ses droits, fùt-elle représentée parle bâton pastoral du plus saint des évêques. Il crut sans doute que le meilleur était d'affirmer simplement les droits du premier Pontife sans blâmer personne.
Quoi qu'il en soit, non content de corriger l'inexpérience du jeune abbé, tout en la couvrant de son indulgence, il voulut lui donner un particulier témoignage d'affection et de reconnaissance pour ses services autrefois rendus, en bénissant le grand crucifix du monastère de la Sainte-Trinité et en consacrant l'autel ^ matutinal dédié « à la très victorieuse croix et à saint Eutrope, évêque de Saintes et martyr*^ ». Comme faveurs spirituelles, il accorda la remise du septième de leurs pénitences
La bulle d'Urbain II qui annulait la profession de GooiTroy et interdisait aux abbés de Vendôme de faire acte quelconque de sujétion aux évôqnes, est datée en effet de Rome et du 21 novembre sans indication d'année. Mais le 24 novembre 1096, Urbain II devait être de retour à Rome. C'est donc à cette date qu'il faudrait la rapporter pour concilier les textes. D'autre part, cf. Geoff., p. 7, 1. II, où ilditqu'UrbainlIaappriscela à Vendôme. Yves, mklgré sa déférence pour le Pape, était, on le comprend, très jaloux de son autorité d'évéque, comme on le voit d'après ses lettres.