Ibid. Antienne aux onctions sur les murs
produisait les caractères latins, le cardinal, les caractères grecs. Le Pape voulut encore que Tarchevéque fît les croix et les onctions sur les colonnes de la basilique et qu'il consacrât T autel du Crucifix. Enfin, quand le sacrement adorable du corps de Jésus-Christ eut été déposé sur le maître-autel, le Pape voulut que l'archevêque plaçât de ses mains, dans la pierre sacrée, les reliques saintes qui devaient y être perpétuellement consei-vées, savoir : un fragment de la vraie Croix, une parcelle du voile de la glorieuse Mère de Dieu, des cheveux de l'apôtre saint Pierre, une frange du manteau de saint Jean l'évangéliste, des ossements des saints martyrs Etienne, Maurice, Cyprien, Hermès, Saturnin, Ferréol, Nérée, Achillée, Pancrace, des confesseurs Maurice, Avid, Sulpice, Gondulf, Didier, des vierges Anatalie et Praxède. Lorsque ces restes sacrés eurent été, selon les rites liturgiques, scellés dans la pierre de l'autel, le comte Foulques d'Anjou, seigneur de Tours, Robert des Roches, Hugues de Chaumont, ainsi que les autres nobles seigneurs, en grand nombre, vinrent, sur l'invitation du Pape, faire à notre monastère une offrande plus agréable à nos yeux que tous les trésors. Ils firent serment sur les saintes reliques de nous prêter en toute occasion leur appui, leur secours et leurs conseils *. »
La dédicace des églises ne se faisait pas sans dotation. Comme la dot suit le mariage, ainsi, aux fiançailles de l'épouse du Christ, il fallait Tapport de la charité des fidèles. Chaque église, comme les ministres eux-mêmes, étant consacrée à Dieu seul, et ne devant se prêter à aucun trafic ni aucun usage profane, avait besoin, pour subsister, des immunités et des dîmes. Comme les rois, chez les Hébreux, avaient soin de leur temple et les princes chrétiens de la France chrétienne avaient souci des basiliques qu'ils avaient construites au Moyen Age, les Papes convoquaient aussi les riches et les seigneurs à faire vivre les églises en leur procurant ces dîmes que saint Augustin appelle « le tribut des âmes pauvres ». Après la dédicace de Marmoutier, Urbain II appela P'oulques d'Anjou et les seigneurs présents