‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 255 sur 356 · I. Dédie. Ecoles, Major Monaster.,Pa(. lai., CLI · texte numérisé non relu

I. Dédie. Ecoles, Major Monaster.,Pa(. lai., CLI

pour leur demander de pourvoir, selon l'usage accoutumé, à la dotation de l'église et de l'autel consacrés.

La cérémonie achevée, le Pape mangea au réfectoire des moines, et, au chapitre, leur accorda l'absolution générale, suivant la coutume du temps. Le lendemain, il consacra lui-même le cimetière de Saint-Nicolas, y répandaût l'eau bénite, tandis que sur son ordre les évéques Hugues et Rangier jetaient l'eau bénite, eux aussi, le long de la Loire et dans les vignes aux alentours du cimetière.

Durant son séjour à Tours, Urbain II, nous l'avons vu, se rendait fréquemment au tombeau de saint Martin pour y prier à son aise. Il ne faisait que suivre en cela l'immense mouvement qui portait les peuples vers l'illustre patron des Gaules dont l'église, l'une des plus vastes et des plus riches de la France, comptait quinze prévôts et quarante-cinq chanoines pour la célébration de l'office divin. La basilique de Saint-Martin avait le titre d'insigne et le roi de France lui faisait l'honneur d'être l'abbé protecteur de son chapitre. La ville qui se groupait autour d'elle, avec son enceinte spéciale, s'appelait glorieusement Martinople, et, par un privilège unique, cette cité Martinienne avait son évéque propre, en sorte qu'elle était un diocèse dans un autre diocèse. Mais comme il arrive fréquemment, les différends naissent des privilèges. Les conflits devaient être inévitables entre les métropolitains de Tours et les évoques de Saint-Martin. Urbain II devait sacrifier ceux-ci pour le bien commun. Mais, en supprimant la dignité épiscopale, il eut l'habileté de soumettre à la juridiction immédiate du Saint-Siège la collégiale des chanoines. Il faut le dire à l'honneur du Pape : la sentence fut acceptée sans la moindre contradiction.

Un ancien monument nous a conservé là-dessus un détail curieux qu'il n'est pas sans intérêt de signaler : « En mémoire de cette décision, et comme signe de l'union étroite qui unissait désormais la basilique au Pontife romain et à la chaire de Saint-Pierre, le pape Urbain II fit réunir par quatre chaînes de fèr les quatre principales colonnes de cette église ^ 1. RuiNART, vu. Urb.y CCLI.

IV. — Concile de Tours. — Actes concernant l'arbaye de Glanfeuil et le prieuré de Binson. — Solution de différends. — RicHER DE Sens. — Clôture du concile et LA Rose d'or.

Le concile eut lieu dans la troisième semaine de carême. De nouveaux canons y furent-ils promulgués? C'est ce qu'on né voit pas clairement. D'ailleurs le souverain Pontife avait principalement en vue de renouveler et d'affirmer plus fort que jamais les décisions des conciles précédents, comme le dit formellement Bernold *. Un des brillants évêques de cette illustre assemblée fut remarqué par Urbain II et promu par lui au siège de Rennes. C'était Marbode, un savant et un saint qui avait longtemps présidé les écoles d'Angers et qui devait finir sa vie avec l'habit monastique à l'abbaye de Saint- Aubin, à Angers même, le théâtre de ses longs travaux.

Plusieurs affaires d'abbayes et d'églises particulières furent réglées au concile. Il faut signaler en première ligne le rétablissement de l'abbaye de Saint-Maur de Glanfeuil dans son autonomie originelle que lui avaient enlevée, depuis plus de deux cents ans, les moines des Fossés. Voici en quelques mots le résumé de cette affaire, avec la décision qui fut prise à ce sujet au concile de Tours, et la lettre que le Pape, de passage à Saint- Maixent, en écrivit quelques jours après, le 31 mars, à Gérard de Glanfeuil 2. Urbain II y fait l'historique du monastère.

Saint Maur avait été envoyé en France par saint Benoît. Par la grâce de Dieu, il fonda, au diocèse d'Angers, dans le lieu dit Glanfeuil, un beau monastère où, selon les dispositions de la Providence, après avoir pratiqué d'une façon éclatante toutes les vertus, il mourut et fut inhumé. Pillé par Gandulf, après quelques années, ce vénérable monastère fut rétabli par les soins de personnages très religieux; il fut envahi de nouveau

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