Tantae congregationis status
3. « Optamus enirn et vos et vestra omnia tuta seiupcr et quieta persistere, ut omnipotenti Deo valeatis liberius deservire -. Marlot, Metrop, Rem,, II, 214. I^s différents privilèges très étendus, énumérés dans cette charte ot que les archevêques, aussitôt leur intronisation, d«'vaient jurer de respecter, étaient le confifmatur des différents concordats passés enti-c les archevêques et le chapitre.
Le même jour, Urbain II signa un rescrit en faveur de Montierûeuf de Poitiers au sujet du différend dont nous avons parlé plus haut K
A Saintes encore , pour favoriser ses chers bénédictins de Vendôme dont Tabbé Geoffroy était resté Tobjet de ses continuelles sollicitudes, il lança de nouveau les anathèmes de l'Église contre Éblon, déjà tant de fois excommunié, qui avait injustement envahi l'église Saiifl-Georges d'Oléron. Ce prieuré était une des plus riches possessions de Tabbaye de la Trinité de Vendôme. L'usurpateur s'éloigna, chargé des malédictions du Pontife. Après quoi, Amat de Bordeaux reçut Tordre d'aller trouver Guillame VI, duc d'Aquitaine, qui s'était emparé de l'obédience du prieuré, et de le forcer à en faire la restitution aux moines, sous peine d'être excommunié dans les trente jours. Le duc obéit.
Avant de quitter Saintes, le souverain Pontife, à la demande des moines clunisiens qui occupaient, dans cette même ville, le très ancien monastère de Saint-Eutrçpe, consacra un des deux autels de la crypte restaurée. C'était le jour de la Quasimodo.
Aucun document n'établit qu'il alla de Saintes à Angouléme. Mais il est certain qu'il arriva sur la fin d'avril à Bordeaux où il fit la dédicace solennelle de la cathédrale, le premier jour de mai, conime il nous l'apprend lui-même dans un rescrit adressé aux chanoines de cette ville. Ses compagnons de voyage et en particulier Bruno de Segni et Gautier d'Albano avec plusieurs autres cardinaux assistaient à la cérémonie. Le seigneur Pape et l'archevêque de Bordeaux déposèrent les saintes reliques dans la pierre du maitre-autel.
Passant à Nérac en Gascogne, Urbain II consacra également une église en l'honneur de saint Thomas et de saint Nicolas. Cette église était desservie par une colonie de moines qu'un seigneur de Gascogne avait fait venir de l'abbaye de Condom. Au xvi* siècle, imitant les religieux du dernier monastère, les moines de Nérac quittèrent l'habit religieux pour revêtir celui
1. Il confirma également le même jour les possessions de Saint- Aubin d'Angei-s. Anal., X, 518.
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des chanoines séculiers. Le 7 mai, le Pape s'arrêta à Layrac où il y avait un prieuré clunisien. Il y confirma les donations qu'avait pieusement faites à Tabbaye de Cluny le vénérable archevêque d'Auch, Guillaume de Montant, qui avait accompli cet acte de générosité autrefois en venant à Cluny pour y embrasser la règle K Quoiqu'il n'eût séjourné qu'un jour à Layrac, il trouva le temps d'y consacrer l'église Saint-Martin, comme on le voit dans une lettre qu'il écrivit quelques semaines après à saint Hugues ^.
De Toulouse où il arriva le même jour, il manda à l'évêque d^ cette ville d'abord, puis aux évêques d'Agen, de Cahors et de Lectoure, de s'employer à faire rentrer dans la complète possession de ses biens, l'illustre abbaye de Moissac, dégénérée jadis et appauvrie, mais ramenée actuellement à sa ferveur première par le zèle des abbés de Cluny. Aussi l'abbaye de Moissac eut-elle quelques jours après les honneurs de la visite papale. Urbain II en prit occasion pour écrire de là à l'abbé Hugues en faveur de ses moines établis à Saint-Orens , près d'Auch, autorisant ces religieux à jouir du droit de cimetière que leur avait jadis concédé le pape Léon IX ^. S'il faut en croire la chronique de l'abbé de Moissac, Urbain consacra l'autel du Saint «Sauveur de ce monastère. Mais un deuil devait suivre de près cette solennité joyeuse : le Pape eut la douleur de perdre un des cardinaux qui faisaient partie do sa suite. On l'ensevelit dans l'église du monastère. Le même chroniqueur ajoute qu'il vit lui-même, longtemps après, le chapeau cardinalice de ce prince de l'Église suspendu à la voûte et tombant de vétusté.
La centralisation clunisienne n'était, pour le Pape, qu'un moyen de restauration religieuse, et si cette politique n'était pas, parce qu'elle ne pouvait l'être, à l'abri de tous les abus, on ne peut nier que les vues pontificales n'aient été non seule-