Gallia chrUtiana, I
3. Gibelin, archevêque d'Arles, avait, en 1094, pris soin du siège vacant d*Avignon. Avec sa faveur, vers cette époque, les chanoines de la grande église d'Avignon embrassèrent la vie régulière. Une charte leur conférait la possession de plusieurs églises, et c'est cette charte qui fut confirmée par Urbain II.
fut en effet quelques jours après, le 30 juillet, que, se trouvant à Cavaillon, le Pape confirma les biens de ce monastère qu'il venait d'ailleurs de soumettre, lors de son passage à Avignon, aux moines de Saint- Victor de Marseille ^ Dans le rescrit pontifical il n'est pas inutile de relever cette particularité, qu'il ne porte aucune énumération des biens du monastère. Cette dérogation à l'usage établi aurait eu sans doute pour raison d'être que le sage Pontife ne voulait pas, sans avoir entendu les parties, statuer sur les biens revendiqués par d'autres monastères, dont il n'était pas. fait mention expresse dans les diplômes des précédents Papes 2.
A Apt 3, la basilique du monastère de Saint-Eusèbe, située dans un faubourg, venait d'être entièrement rebâtie. C'était une nouvelle « épouse parce comme au jour de ses noces », semblable à ses nombreuses sœurs qui avaient surgi sur le sol des Gaules à cette époque et dont l'illustre Pontife avait consacré la mystique alliance. Il est touchant de penser qu'elle était la dernière dédiée par lui dans l'une des dernières villes de France qu'il traversa. Urbain II était arrivé à Apt, au commencement d'août. Voici les termes dont se sert Anastase IV pour relater Févénement dans une bulle accordée par lui au même monastère en 1154 : « Nous confirmons par le présent privilège toutes les libertés, prérogatives et franchises accordées au susdit monastère par notre prédécesseur Urbain qui a consacré l'église de Saint*Eusèbe. »
C'était en effet la dernière fois que le suprême pontife faisait une dédicace d'église en France, à moins qu'on admette avec une tradition reçue dans le pays, qu'il consacra encore l'église du prieuré d'un village voisin appelé Clermont, où jadis s'élevait une remarquable forteresse, la propriété des évêques d'Apt. On regardait généralement, comme un mémorial de cette double dédicace, la main sculptée qui figurait sur la muraille de