Aynsa, Fundacion de Huesca^ p. 531. Aglirre, Conc, V
à fait hors de mes prétentions, j'en laisse le jugement à Dieu seul. Quant à ce serment que je vous ai fait d'obéir à vos coutumes, je ne Tai fait que sous cette réserve qu'il serait en accord avec les lois de Dieu. Mais je ne sache pas que ce soit transgresser mon serment que d'en appeler de vos coutumes au Pape, car cette fidélité que je vous dois, je vous la dois de par la foi de Dieu dont saint Pierre est le vicaire. Me faire jurer de ne jamais en appeler à Roine pour quoi que ce soit est un serment injuste auquel un archevêque ne peut être obligé : ne serait-ce pas, en abjurant Pierre, renier le Christ?
(c Si je reniais le Christ, je ne serais pas longtemps sans expier, pour votre bonheur, mon crime de vous avoir demandé une telle permission. Tandis que peut-i^tre, si je m'en vais, Dieu permettra, pour l'insuccès de vos menaces, que les biens de l'Église ne vous soient pas profitables *. »
Le roi et les grands se récrièrent en disant que jamais, dans l'observance des coutumes, Dieu ou Thonnéteté fussent mis en cause. « De quoi donc peut-il être question, s'écria Anselme avec malice, si l'honnêteté ou la divinité n'ont rien à faire ici? A Dieu ne plaise qu'un chrétien suive des coutumes notoirement hostiles à Dieu et au bien ! »
Cette réplique fut comme un coup de massue sur les fronts de ces impudents, raconte Guillaume de Malmesbury ; tète basse et en silence, ils confessent leur injustice. Car Anselme ne se troublait de rien et toutes les fois que ses adversaires poussaient des cris, lui se taisait et revenait impassible à la question.
Cependant le roi, à peine capable de contenir sa fureur et ses menaces, lui défendit d'emporter, du moins, quoi que ce fût de son royaume : « J'irai nu et à j)ied, répondit Anselme sans sourciller, si on me dit que le cheval que je monte et les vêtements que je porte sont à vous. — Ce n'est pas cela que je veux, répliqua le roi en rougissant, mais dans onze jours, quand vous serez au port d'embarquement, vous n'emporterez ou ne laisserez que ce que vous permettra mon envoyé. » Un autre se fût fâché, con-