Mon. Germ., De Lite, H, p
(». « Sub falso nomine iniscricordiie int«Mnporabilia temperando. » ]àid.,4\[.
Quoi qu'il en soit, à la voix de leur chef les opposants continuaient donc la résistance et tenaient leurs réunions même en Tabsence de Guibert, ainsi qu'on le voit par leur lettre pseudosynodale adressée, comme ils le disent faussement, à tous les fidèles craignant Dieu et dévoués au salut de la république romaine. Cette sorte d'encyclique synodale a été publiée, d'après le pseudo-cardinal Benon, par Baronius sous la présente année 1098. Nous voyons par ce factum quels étaient alors à Rome les principaux fauteurs de la faction guibertiste. Voici leurs noms et leurs titres dans l'ordre où ils sont rapportés : Adelhert, évêque de Sainte-Rufine de Silva-Candida ; Jean, évoque d'Ostio; Hugues, évéque de Préneste (Hugues le Blanc); Albert, évoque de Népi; Benon, cardinal-prêtre de la ville de Rome; Octavien, cardinal-prêtre désigné; Paul, primicier de l'Eglise romaine; Nicolas, élu abbé du monastère romain de Saint-Sylvestre; l'abbé de Saint- Pancrace, avec le clergé romain; les clarissimes princes laïques Théobald Chinebius et Udalric de Saint-Eustache avec le peuple de Rome.
« Ils disent que pour l'extirpation des hérésies récemment soulevées par Ilildebrand (c'est ainsi qu'ils appelaient encore saint Grégoire VII), ils ont tenu trois réunions consécutives, en différentes églises de Rome : la première, le 5 août 1098, dans l'église de Saint-Biaise; la seconde, le lendemain, 6, à Saint- Celse; la troisième, le surlendemain, 7, à Sainte-Marie de la Rotonde. Ils étaient donc encore maîtres de cesirois églises où, ajoutent-ils, ils ont condamné les susdites hérésies. Ils garantissent ensuite la sécurité la plus complète à tous ceux qui voudront se rendre au prochain synode qu'ils se proposent de célébrer aux environs des calendes de novembre. » Cette lettre est datée de Rome dans la sainte assemblée tenue contre les schismatiques (c'est ainsi qu'ils nomment les partisans du Pape) l'an de T Incarnation du Seigneur 1098, indiction VI, le VII des Ides d'août. Comme ils supposaient bien que pas un catholique ne voudrait se rendre à leur assemblée sacrilège, c< ils prirent le ciel et la terre à témoin qu'ils n'avaient jamais prêté la moindre adhésion à la perversité de leurs adversaires. Comme depuis
seize ans ils avaient constamment décliné leurs offres réitérées de discussion, comme ils n'avaient jamais voulu prêter Toreille à leurs appels afin de donner un gage de la réprobation dont ils les frappaient, ils livrèrent aux flammes les livres catholiques qu'ils avaient entre les mains » . Il est à croire que leur présente façon d'agir, alors qu'ils en étaient réduits à ne pouvoir faire que des réunions clandestines, ne donne qu'une faible idée de ce qu'ils durent accomplir en fait de ruines lorsqu'ils étaient les maîtres de la ville. Les pièces oflicielles qu'ils brûlèrent en 1098 * laissent supposer que leur malice alluma bien d'autres incendies. Il est facile alors de s'expliquer la disparition des actes originaux de tous les conciles romains présidés par Grégoire VII.
Urbain II était dans la Fouille lorsqu'ils consommèrent leur sacrilège exécution. Tels étaient donc les agissements de ces schismatiques, qui, avec leur pseudo-cardinal Benon, par un jeu de mots très peu spirituel, se plaisaient à donner à notre Pontife le nom de Turhanus, parce que, disaient-ils, marchant sur les traces du pape Grégoire, il continuait à troubler l'Eglise. Mais les injures de pareilles gens sont un éloge. Tout le monde sait en effet,, et les schismatiques eux-mêmes ont été obligés d'en convenir, que le pape Urbain fut particulièrement l'ami de la paix, et, comme l'Ecriture le disait de Moïse, le plus doux d'entre les hommes qui vivaient alors sur la terre -.
Quelle était donc l'hérésie que les schismatiques imputaient à Grégoire VII? Bonon, dans la vie de Grégoire, s'exprime en ces termes : « Le fier Hildebrand et son séide Turbanus, supprimant en vertu d'un pouvoir nouveau les décrets du concile de Chalcédoine, ont consenti par leurs paroles et par leurs écrits à baptiser hors de l'Eglise. » Ils démontraient ensuite que leur aveuglement les avait rendus hérétiques, jusqu'à les faire tomber dans l'hérésie de Libère, en commu-