Cf. Anselm. Episl. e-i
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de vous ost le signe manifeste de notre insuccès. Que vous en semble? » Anselme se taisait. Mais tous, excepté lui, s'écrièrent «unanimement qu'il fallait frapper le coupable du glaive de saint Pierre. Le concile allait donc excommunier Guillaume le Roux, quand le primat de Cantorbéry se levant, se prosterna aux pieds du Pape en demandant que Tanathème ne fut pas prononcé. La générosité de la victime désarmait toute justice ; l'assemblée entière demeura mugtte d'admiration et Urbain écouta Anselme.
« Jamais, en effet, dit Guillaume de Malmesbury, spectacle plus touchant ne se produisit dans une assemblée. La victime implorait la grâce du bourreau, le proscrit intercédait pour le persécuteur, le spolié pour le spoliateur ! Malgré les instances d'Anselme, le Pape voulait passer outre ; mais le saint archevêque redoubla de prières et de larmes. Urbain II finit par céder. Tous les assistants, dans l'émotion causée par cette scène attendrissante, disaient que la sainteté d'Anselme dépassait encore son génie, et qu'il était vraiment le modèle de la grandeur humaine! »
Tandis qu'il était encore à Bari, le 20 octobre 1098, Urbain II reconnut la délimitation diocésaine d'Agrigente, telle que l'avait établie Robert Guiscard, et son frère, le comte Roger'. Agrigente, envahie par les Arabes au ix* siècle, avait secoué le joug infidèle au milieu du x*', ot, en 1072, avait été rattachée à la puissance chrétienne. Elle faisait désormais partie de l'apanage de Roger, le comte de Sicile.
\T. — Urbain revient a Rome. — Nouvelle excommunication DU ROI DE France. — L'ambassadeur de Guillaume d'Angleterre, le Pape et Anselme.
Après la clôture du concile de Bari, Urbain, retournant à Rome, passa par Bénévent, où il avait l'intention de terminer l'affaire du monastère de Cingli, sur lequel les moines du Mont- Cassin avaient éle^'é des prétentions au concile de Bari.
Il avait alors écrit à l'abbesse de ce monastère pour l'engager