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à venir défendre elle-même sa cause devant lui. L'affaire était déjà restée sans solution au concile de Bari^ elle le fut encore cette fois*.
Dans la mêm^ >dlle, au monastère de Sainte-Sophie, où il avait sans doute reçu Thospitalité, Urbain évoqua aussi à son tribunal, mais sans rien conclure, Taffaire de l'abbé de ce lieu qui refusait de se soumettre à celui du Mont-Cassin.
De Bénévent, le Pape se rendit à Ceperani par Sinuesse et le fort Saint-Germain -. A Ceperani, le 3 novembre, il chargea Auson, seigneur de Bénévent, de juger ce procès, après avoir entendu les parties selon les règles de la justice. Il ajoutait que si les moines se refusaient à comparaître devant lui, laïque, il leur assignât un jour pour se rendre à Rome et y recevoir la sentence de la bouche du souverain Pontife lui-même.
Les bénédictins avaient alors à lutter contre les schismatîquès, parce que ceux-ci trouvaient en eux une résistance opiniâtre. Ainsi le pseudo-évêque de Liège, Otbert, avait violemment expulsé de son monastère, Thierrj^ abbé de Saint-Hubert, en Ardennes, et avait imposé de force, comme abbé, aux religieux du même monastère, Fune de ses créatures, le pseudomoine Gui. Urbain II en fut particulièrement ému. Il prit les grandes mesures.
Excommuniant aussitôt l'envahisseur avec tous ses complices, jusqu'à libération du monastère, il accorda à tous les moines la liberté de choisir Tordre religieux qu'il leur plairait, du moment qu'ils ne pouvaient suivre la règle de saint Benoit dans leur maison, et cola tant que durerait le triste état de choses •'^. Puis, déplorant de voir l'église de Liège ainsi livrée au schisme, il supplia les fidèles de supprimer la cause du mal, c'est-à-dire « ce loup et ce ravisseur qui n'était pas entré par la bonne porte pour les sauver, mais par des voies dérobées pour égorger, manger et détruire ». 11 leur de-
1. Co nr» fut que lo 8 d<^combre do la mômo année quo lo Pape assujettit Cinp\i au Moni-Cassin. (Mabill., Anna. Ord. bened., V, Vi^là.)