C'est le nom quMI prit à roripino
2. - Infatigiibili Molismensiuiii quorela aotus ». Cf. D. Ruixart, Viia Crb CCCXXXVIII.
habitants du voisinage, leur reprochant sa retraite, les avaient pris en exécration. Forcé enfin par leurs prières, auxquelles nos frères les cardinaux ont uni leurs instances, nous venons recommander cette affaire à votre charité; il nous sera agréable, si la chose est possible, de voir le vénérable abbé quitter son désert pour retourner à l'abbaye. Si vous ne réussissez pas à l'y déterminer, prenez les mesures nécessaires pour que ceux qui aiment la solitude complète y soient laissés en paix, et pour que les cénobites restés à Molesme y observent la discipline régulière ^ »
Le Pape rendit ensuite un décret défendant aux religieux de ces deux maisons de passer désormais de l'une dans l'autre.
Dès que le légat, Hugues de Lyon, eut reçu la lettre du Pape, il se mit en devoir d'en faire exécuter la teneur. Il en conféra au Port-d'Anselle avec les évoques- et abbés de la province. Conformément aux intentions du Pape, il fut décidé que Robert remettrait à l'évêque de Chalon la crosse abbatiale de Citeaux, et, qu'après avoir délié de leur serment d'obéissance les moines de cette abbaye, il retournerait à Molesme avec ceux qui voudraient le suivre. Désormais il ne serait plus permis à personne de passer d'un monastère dans un autre, sauf les cas prévus par la règle de saint Benoit. Tout étant ainsi réglé, le bienheureux Albéric fut élu pour lui succéder dans le gouvernement de Citeaux, et reçut la bénédiction abbatiale des mains de l'évêque de Chalon. Saint Robert, l'homme de l'obéissance, prêt à faire tous les sacrifices au premier signe du vicaire de Jésus-Christ, s'arracha au sol tendrement ain)é de cette fondation de son cœur et reprit courageusement le chemin de Molesme. Deux religieux seulement profitèrent de la faculté de quitter Citeaux et de le suivre. Les autres l'accompagnèrent en procession jusqu'à la limite de la clôture, et, en le quittant,' éclatèrent en sanglots. A Molesme, au contraire, l'arrivée du saint fut un triomphe. La joie rayonnait sur tous les visages, les populations du voisinage s'étaient portées en masse