Cf. Watterich, op. cil.f I
Gos hôtes d'Urbain étivient les descendants du célèbre Pierleone, dont le tombeau so voit encore dans le cloître de Saint-Paul, avec cette inscription : TE PETRUS ET PALLUS SERVENT PETRE LEONIS DENT .AXIMAM CELO. QUOS TAM DEVOTUS AMASTI ET QIB. EST IDEM TUMU- LUS SIT GLORIA TECUM
(Abbé DucHESNR, Lib, pont,, 11^ p. 318, n. 5.) La maison des Pierleoni, avec l'église Saint-Nicolas in Carcere^ se trouvait dans un groupe d'édifices, où Fon trouvait principalement la prison Tullienne et le temple de Cicéron. « In Elephanto templum Sibille et templum Ciceronis ubi nunc est domus filioruni Pétri Leonis. Ibi est carcer Tullianus, ubi est ecclosia sancti Nicolai. - Graffia aurea. Cf. abbé Duchesse, Lib. pont,, II, p. 295, n" 13. Cette prison indiquée ici n'était pas une prison du temps de la république romaine ou du haut empire, c'était la prison des temps byzantins, le car^ cer publicus dont il est parlé dans la biographie du pape Adrien (772-796). Cf. abbé DccHESxE, Lib. pont., t. 11, p. 295, n° 12 et t. I, p. 515, n 13.
mourut pas chez lui. Pour soustraire ses restes aux outrages de ses ennemis, on transporta son coi*ps dans la basilique de Saint- Pierre ^
D'après Platina, ce fut en effet positivement pour éviter les embûches de ses ennemis qui s'efforçaient même de s'attaquer à son cadavre, qu^on le transporta au delà du Tibre, jusqu'à Saint-Pierre du Vatican 2.
Urbain pouvait n'avoir que cinquante-sept ans ^. Il était usé avant Tàge. Les grandes fatigues qu'il eut à endurer pendant les onze années de son pontificat, les incessants voyages qu'il entreprit dans les dernières années de sa vie, avaient fait de lui l'homme « consumé en peu de temps » dont parle l'Ecriture.
Orderic Vital nous le représente rendant le dernier soupir « au milieu des transports d'une sainte allégresse, tant était grande sa confiance en la miséricorde de Dieu ». Comment pouvait-il mourir autrement que joyeux, celui qui avait si bien mérité de la souveraine justice et qui avait si tendrement représenté l'image de la divine miséricorde ?
Avant de s'éteindre, Urbain, d'après, plusieurs auteurs, éclairé par une inspiration divine, désigna pour son successeur, à la demande des cardinaux, Rainier, cardinal de la sainte
1. Le Liber pontificalis porte : « In domo Pétri Leonis, IV Kl. aug. aniniam Deo reddidit, atque per Transtiberim propter insidias inimiconim in ccclesia beati Pétri, ut nioris est, corpus ojus delatuni est et ibi honorifice delatum ». Abbé Duchesse, Lib. ponU, II, 294. - Il est probable, dit M. Duchesne, que, si la ville eût ('^té plus tranquille au moment de la mort d'Urbain II, celui-ci eût été enterré au Latran. »
Il fait remarquer, en effet, que ut moris eit ne peut se rapporter à ce qui précède, car depuis Jean X la basilique de Saint-Pierre n'avait été choisie que tns rarement pour la sépulture des papes (/ôtrf., p. 2Î6, n» 14).
2. «... cujus corpus per Transtiberinam regionem ad vitandas iniraiconiia insidias, qui etiara mortuum hedere conabantur, ad S. Petrum in Vaticano delatum est ibique honorificentissime sepultum. » Platïna, De VUis Poniificwn romanorum, Cologne, 1G()(), p. 185.
3. L'auteur de Li Estoire de JérmaUm et d'Antioche prétend qu'Urbain II ne vécut que peu de temps après le concile de Clermont. • Donc départi li conciles tde Clermont), et li apostolet sUin râla, et ne vesqui que mi an, » C'est évidemment une erreur de date ou do copiste. Cf. Rec. des Hi&t, occ. des Crois,y t. V, 2* part., p. 627.
Eglise romaine, du titre de Saint-Clément, personnage d'une vertu exemplaire, d'une science éminente et, ajoutons-le, ancien moine de Cluny. On se rappelle que Grégoire VII, mou-, rant à Salerne, avait, lui aussi, indiqué pour son successeur le cardinal Odon d'Ostie, qui devait, sous le nom immortel d'Urbain II, si héroïquement poursuivre son œuvre. Le disciple imitait Jusque dans la mort le grand Pape qu'il avait eu pour modèle durant toute sa vie. Et, après lui, Rainier, devenu Pape sous le nom de Pascal II, continuerait, sur le trône pontifical, la lignée des grands moines clunisiens.
Urbain fut donc enseveli à Saint-Pierre. Pierre Mallius indique son tombeau près de celui d'Adrien I", dans cette basilique ^
Comme Adrien I«', au viii' siècle, avait condamné les icono-* clastes, ainsi Urbain II, au xi*, avait anathématisé les schismatique& et les simoniaques. Il convenait que les deux lutteurs reposassent dans le voisinage l'un de l'autre.
Le même auteur et tous ceux qui, après lui, ont écrit sur la basilique vaticane, nous disent que ce tombeau élevé au Pape Urbain II était d'un assez bel eiïet. Il était très fréquenté par les fidèles, ajoute Baronius, en souvenir du grand Pontife qui avait si bien mérité de l'Église universelle. Les obsèques d'Urbain furent magnifiques, comme l'atteste, par Tépitaphe qu'il composa en son honneur 2, le patricien Pierleone, son ami, le premier
1. • Juxta hujus (Hadriani) oratoriuin est sepulcrum domni Urbani pap.'t* satis pulchrum, in Vaticano. • De Rossi, Inscr,y t. II, p. ICXi.
2. Voici le texte de Tinscription on vers (avec les fautes de vei*sification) :
« Canonicum Remis, tulerat monaclium Cluniacus Odonem ;
Roma Tocat, facit bonc Ostia pontiflcem. Cumque fit Urbanui, routato nomine, papa,
Redditur expulsus, integer Urbis bonor.
Exequias hujns célèbres blc Roma peregit,
Augustum quarto pn^veniente die. *
• Chanoine de Reims, Odon s'était laissé ravir par Cluny où il se lit moine; Rome le ravit à Cluny; Ostie l'eut pour évéque. Devenu pape et changeant son nom en celui d'Urbain II, il entre en proscrit dans cette Rome dont il refait la splendeur. En ce jour, quatrième avant le commencement d'août, Rome célèbre avec magnificence les funérailles de son Pontife. (Order. Vital, Hiit, eccL, 1. X, Hec, de$ HisL des Gaules, XII, 6()5.)
fils de la sainte Eglise romaine, ainsi que l'appelle Geoffiroi de Vendôme.
. Pascal II, successeur d'Urbain II, dit pareillement, dans une lettre, que ses funérailles furent célébrées au milieu des regrets et des larmes de la ville de Rome tout entière ; c'est le plus glorieux témoignage, ajoute-t-il, rendu à l'admirable doctrine et à Téminente sainteté de l'illustre Pontife, si prématurément enlevé par la mort à l'affection de son peuple.
Voici ce qu'on lit encore, dans une autre épitaphe attribuée à Philippe, abbé de Bonne-Espérance, et, par d'autres, à l'archevêque Hildebert de Tours : w Le chanoine de Reims Odon, que «Hugues de Cluny fit moine, devint un pape illustre. Vivant, il était la lumière de la Ville Éternelle ; sa mort fut une éclipse. Urbain debout, la Ville prospéra ; elle chancela quand il mourut. O Rome ! législateur et pacificateur, il faisait ta joie et ta gloire ; au dedans il te gardait contre les vices, au dehors jcontre l'ennemi. Ni l'argent, ni l'ambition, ni la puissance di> monde, ni les présents^ ni les flatteries, ni les menaces ne purent fléchir, corrompre ou effrayer son grand cœur. L'éloquence ornait ses lèvres, la sagesse son âme, la sainteté sa vie, la majesté tout son extérieur. A sa voix la Cité sainte \ious ouvre ses portes, la loi du Christ triomphe en Asie, les infidèles sont vaincus, la foi gagne un nouveau monde. Mais, hélas! comme la fleur printanière qui s'ouvre avec le plus d'éclat est toujours la plus vite emportée, ainsi, à la fleur de son âge, Urbain II nous fut ravi. La mort a pris l'homme, le ciel l'âme, le tombeau le corps : il ne nous reste plus que sa mémoire impérissable *. »