‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 325 sur 356 · SAINTETÉ · texte numérisé non relu

SAINTETÉ

Les contemporains d'Urbain II ne se sont pas bornés à admirer les travaux accomplis par son zèle pour la gloire de Dieu et la défense de l'Eglise. Ils ont su découvrir la source de son zèle dans l'amour de Dieu qui le pressait. Ils ont vu en lui les vertus qui font les héros, et au-dessus de l'homme politique, au-

dessus de l'instigateur des Croisades, au-dessus même du Pontife ils ont vu le saint. Nous avons rencontré les noms de beaucoup d'entre eux dans le cours de cette histoire; ils nous ont fourni les lumières de leurs récits toutes les fois qu'il s'agissait de faits positifs et précis. Mais il nous a paru bon de rassembler les témoignages qu'ils donnent au sujet de la sainteté du Pape, en y joignant la déposition d'autres témoins que nous entendrons ici pour la première fois.

Urbain II avait à peine rendu le dernier soupir que son successeur Pascal II, qui recueillait sur la chaire apostolique le fruit de ses longs travaux et de ses luttes, voyait dans sa mort et dans le deuil de l'Eglise au sujet de sa perte une preuve de la sainteté de sa vie. Il écrivait à l'abbé Hugues de Cluny : « Combien la science et la vie de notre Seigneur et Père le pape Urbain ont été saintes, combien elles ont été agréables à Dieu, sa mort encore plus excellente et le deuil de l'Eglise entière en sont la preuve ^ »

Le môme Pape, enll02, parlant de Grégoire VII et d'Urbain II, disait du premier : « Beatœ memoriœ Gregorio papa » ; et du second : « Sanctissimo viro Urbano predecessore meo ^ ». Il disait encore : « Predecessore nostro, sanctœ memoriœ Urbano 3 » ; et dans sa profession de foi au concile du Latran : « Amplector décréta... beatœ memoriœ papœ Urbani '* ». L'assemblée acclama ces derniers mots par les cris de : « Amen ! amen ! Fiat! fiai ! »

Un auteur contemporaia d'Urbain II, Domnizo, dans sa vie on vers delà comtesse Mathilde, dit qu'Urbain a été, à juste titre, rangé parmi les saints : « sanctis merito sociatus » ; et ailleurs, il ajoute qu'il est entré dans les chœurs célestes : « cœlique choro sociatus^ ».

Un historien du même temps, dont nous connaissons la valeur,

1. Cf. D. RuiNART, Vil, B. Urbani II, c. 345; et D. Mabillon, Annal. Bened,, lib, LXIX; p. 407, Paris, 1713.

Page 1