Ilalia sacra, t. I, p
- 4. Panvin, De prsecipuis Romv sanctioribm àasilicig, Rome, 1570, p. 173. 5. Adann. 1124, n. 6.
changer le titulaire de leur sanctuaire , pour dédier celui-ci au Sauveur crucifié et à saint Dominique et saint François, et remplacer plusieurs des papes qui y sont représentés, par d'autres, les supérieurs, sous Clément XI qui fut au courant de la chose, les obligèrent à renoncer à cette substitution et à rétablir les choses en leur état primitif.
Gattula reproduit la même gravure en 1733 pour en tirer ime preuve de la sainteté des Pontifes dont elle contient les portraits *•
Nous n'entrerons pas dans le détail des savantes études de M. cie Rossi et de M" Duchesne sur cette peinture de la basilique du Latran. Leur divergence d'opinion porte sur le nom du Pape qui Ta fait exécuter. Le nom de ce Pape en effet était indiqué dans une dédicace en quatre vers, dont plusieurs mots avaient disparu dans la suite des siècles. M. de Rossi prétend que ce pape est Calixte II, le même qui a fait bâtir l'Oratoire. M*' Duchesne dit que, s'il faut attribuer d'une .manière générale la fondation de la chapelle Saint-Nicolas à Calixte II, d'après le témoignage même de Pandulfe, et pareillement l'idée du plan de décoration, c'est très probablement à Ânaclet II qu'il faut rapporter l'exécution de celle-ci^. Quoi qu'il en soit, nous ne nous permettrons pas de nous prononcer devant la divergence d'interprétation de ces deux grandes autorités.
1. Gattula, HisL ahhaliœ Cassin., Venetiis, 2 vol. in-fol. 1733, p. 368^72.
2. Nous» renvoyons le lecteur à l'iHude de M8' Duchesne sur cette fresque du Latran, étude qui se trouve dans le Liber Pontificalis au pontiflcat de Calixte II. I.ib. Pont,, II, 325, n« 22.)
La version de M. de Rossi est celle-ci :
Smiulit hoc primo templum Calixtus ab imOf \'ir celebrië Iqte Gallorum nobilitate, Calixtus Uetus papalus culmine fretus Hoc opus ornavH variisque modis decoravit. La version du M*' Duchesne, au 3* vers, est :
PrsesxU Anacletus papalus culmine fretus.
Ces inscriptions ont été copiées, au commencement du xvn- siècle, par Grimaldi et par un antre dont le dessin (maintenant au château de Windsor) a étô publié, partiellement pour les peintures, intégralement pour les inscriptions, dans le Vesliarium christianum de Marriot, planche XL VU
Cette planche porte, au début du 2* vers, une variante, sans importance d'ail* leurs. Au lieu de vir celebris, il y a VIR CLAR... {Vir clarw).
SUR LE CULTE RENDJ A URBAIN IL r>31
La seule présence du portrait d'un personnage, dans la peinture d'une abside, même sans aucune auréole et sans titre de saint, semblerait suffire pour témoigner du culte qu'on lui ren* dait, parce que l'usage était de ne placer dans les absides que les personnages que l'on vénérait comme saints ^
Et ce culte, nous assure Benoit XIY, a duré deux cents ans puisque, pendant deux cents ans, les Papes célébraient les saints mystères sur cet autel. Peut-on supposer qu'ils aient toléré le poii;rait de l'un de ces personnages représentés là s'ils n'avaient expressément cru à sa sainteté ?
Du reste, cette image, autour de laquelle les savants ont exercé leurs conjectures, n'est pas le seul monument du culte d'Urbain IL
11 n'est pas rare de trouver dans l'ordre de Saint-Benoît des images d'Urbain II avec le titre de saint et les attributs de la sainteté. L'une d'elles se trouve dans le « Calendarium annale Benedictinum per menses etdies sanctis ejusdem ordinis inscripium », dont l'auteur est le bénédictin Gilles Raubeck. Elle représente le B. Urbain avec les insignes du suprême pontificat, la tête entourée de rayons lumineux, à genoux, les mains jointes, les yeux élevés vers le ciel, priant aux pieds de saint Benoit, avec, au bas, cette légende : « 5. Urbanus PP. IL Ordinis Sancti Bénédictin et Canonico Regulari^ monachus Cluniaeensis primuiHy dein cum pietate, doctrina, animique submissione alios longe superarety Pontifex factus est. »
En tête du livre d'André Duchesne, où il dit de l'illustre famille de Chàtillon qu'elle a donné des saints au ciel, il y avait une image d'Urbain II le représentant assis, revêtu des insignes pontificaux, la tête entourée et rayonnante d'une lumière céleste avec cette inscription *: 5. Urbain II, Pape, dit Eudes de Chàtillon avant son pontificat.
Une autre image imprimée dans un missel monastique à l'usage de l'ordre de Cluny représente Urbain II avec l'auréole et la souscription : « Beatus Urbanus II, monachus Cluniacensis ».
1. Cf. Rossi, Esame storico ed archeologico deW imagine di Urbarw I! papa, Rome, 1881.
Une autre image se trouve dans la chronologie de Marangoni.
Dans la cathédrale de Terracine, où avait eu lieu rélection d'Urbain II, on voit encore aujourd'hui, auprès du maîtreautel, deux peintures représentant, en grandeur naturelle. Tune, Urbain II et l'autre, Victor III; la première du côté de rÉvangile et la seconde du côté de TÉpltre.
Sous celle-ci on lit : « 5. Victor III hic insignia Pontif. dimisit. anno 1086 » et sous la première ; « fi. Urbanus II hic Pontifex dectus et in hâc Cathedra adoratus anno 1088.
Dans la basilique du Mont-Cassin qui fut rebâtie au xvii* siècle, un tableau représente saint Benoît apparaissant à Urbain II malade, et, dans Téglise supérieure, Urbain II est encore représenté avec Tauréole et le titre de saint : 5. Urbanus 11^ monachus Benedictinus.
Dans Féglise du monastère de la Gava, du côté de l'Evangile, il y a une statue d'Urbain II avec cette inscription qui remonte au XVI* siècle : « Beatus Urbanus II Pontifex Max. SS. Trinitatis Cavensis Monasterii cujus sanctitatem^ cunt in minoribus esset, erat expertus, suis manibus consecraturus adveniensy S. E. /?. cardinaliuni 16 Piique Ducis Rogerii sequela in terrant conscend. S, Petro abbate ejus Magistro sibi occurrente, huic petrm suis s. pedibus primo adhœsit, anno a Natintate Domini MXCII, mense sept, n
Du côté de TÉpître, une autre statue représente saint Pierre abbé, avec cette inscription : « S. Petrus abbas III sacri Monasterii Cavensis S. Alferii ab, L ex carne nepos trium millium monachor. pater Castriq (ue) Corporis Cavœ consi. Beato Urbano IIj cui in cœnobio prœfuity extra illud suorum cœnobitarum stipatus corona ut Prœsuli Max. in hac petra reverentissime occurrit anno a natàdtate Dni. MXCIL mense sept. y>
On gardait précieusement la mémoire d'Urbain II dans plusieurs églises ou monastères dont Ruinart nous donne la liste : à Gluny, à la Chaise-Dieu, à Saint-Gilles de la Vallée Flavienne, à Saint-Martial de Limoges, à Montierneuf de Poitiers, à
Nantes, à Saint-Bénigne de Dijon et dans d'autres nécrologes d'églises qu'il avait consacrées ou enrichies de privilèges.
On l'honorait au monastère de la Gava, et le jour de sa fôte était le 29 juillet, jour de sa mort. La preuve en est dans un manuscrit de la bibliothèque royale de Bruxelles donnant le nom des saints dont on célébrait la fête au monastère de la Gava. On y lit entre autres choses :
« Die 29 Juin. D. B. Urbano IL Pont. Maximo.
« Die 16 Septembris. D, S. Victore Papa tertio.
« Die 25 Maii. Z). B. Gregorio VIL Pont.Maximo, »
L'exemplaire de ce catalogue est relativement récent; il paratt remonter à la seconde moitié du xvii* siècle. Le catalogue lui-même «st plus ancien : il avait été remanié par Alexandre Radulphe qui était supérieur en 1582.
De nombreux martyrologes ou ménologes ont gardé le nom d'Urbain II. Gitons-en quelques-uns.
Le martyrologe bénédictin d'Arnold Wion et d'Hugues Ménard, édité à Paris en 1629, en parle en ces termes : « A Rome, la déposition du Bienheureux Urbain II, pape, ancien moine de Gluny, auteur de la croisade pour la reprise de la Terre Sainte, très énergique défenseur de la liberté de l'Eglise, qui, après avoir reçu de nombreuses injures de l'empereur Henri IV, après l'exil et de graves épreuves du même genre, mourut enfin confesseur illustre par la sainteté ».
Le calendrier de Dorganius lui donne le même titre de sanctitate clarus et lui attribue l'institution de l'office de la Sainte Vierge.
Gabriel Bucclinidans son Ménologe ^ dit : « Le IV des calendes d'août, à Rome, le Bienheureux Urbain II, souverain Pontife, qui fit un très grand bien dans l'Eglise universelle. » Suit un résumé de la biographie du grand Pape.
Ferrari, dans un catalogue des saints qui ne sont pas au Martyrologe romain, catalogue qu'il dédia au Pape Urbain VIII, en 1625, dit: « Le 29 juillet, à Rome, le Bienheureux Urbain II,