‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 342 sur 356 · II. — STATUE MONX7MENTALE ÉRIGÉS SUR UL PLATEFORME DE GHATILLON · texte numérisé non relu

II. — STATUE MONX7MENTALE ÉRIGÉS SUR UL PLATEFORME DE GHATILLON

. Au congrès de Malines, en 1862, on résolut d'élever une statue à Urbain II dans le diocèse où il était né.

Le cardinal Langénieux a magnifiquement réalisé ce projet. II en avait confié l'exécution à un comité, sous la direction de M* Desrousseaux, de Vandières; M. l'abbé Robert, actuellement archiprêtre de Rethel, alors doyen de Châtillon, était secrétaire de ce comité. Ce monument fut érigé le 21 juillet 1887.

L'artiste qui a conçu la statue et qui en a fait la maquette exposée au salon de 1884 est M. Roubaud, de Paris; le sculpteur qui a exécuté l'œuvre de M. Roubaud est M. Le Goff, de Vannes, à qui on doit déjà la magnifique statue de sainte Anne d'Auray; l'architecte du monument, M. Deperthes, de Paris, si connu par ses nombreux et remarquables travaux,, et surtout par Fhôtel de ville de Paris et le monument de sainte Anne d'Auray.

L'œuvre, dans son ensemble, est grandiose et d'un effet saisissant.

Le monument, qui s'élève à l'endroit même où est né Urbain IL se compose d'un piédestal cylindrique avec soubassement quadrangulaire surmonté de la statue.

La partie inférieure est flanquée de quatre pilastres ornés des armoiries des principaux chefs de la croisade. Les faces du soubassement sont couronnées par un simulacre de créneaux rappelant l'ancien château de Châtillon.

Le piédestal est simple et sans autre ornement que la croix.

Le pontife, en vêtements sacerdotaux et coiffé d'une tiare, est

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représenté debout, âu moment où il prononce ces paroles à jamais mémorables : Dieu le veut !

La statue d'Urbain II vient définitivement au troisième rang parmi les grandes statues religieuses du monde entier, après Notre-Dame du Puy et saint Charles Borromée, d'Arona. Si on tient compte de la statue de la Liberté, de New- York, et de la Bavariâ, de Mimich, le monument d'Urbain II serait classé par ses dimensions au cinquième rang.

Il mesure en effet 21",23, dont 12™,93 pour le piédestal et 8»,30 pour la statue.

L'artiste a su rendre tous les sentiments qu'évoque cette grande figure et nous présenter Urbain II sous ses différents aspects; l'attitude, le geste, la physionomie, expriment à la fois le patriotisme, la vertu et nous montrent en lui le Croisé, le Pape et le Saint.

La figure est noble, virile, expressive ; l'artiste a compris qu'il avait une grande idée à exprimer, car il y a dans Urbain II le génie, l'héroïsme et la sainteté, et il a su donner une âme à son œuvre : elle parle, elle est vivante.

Urbain II, lors des fêtes qui ont été célébrées en son honneur, a eu ses panégyristes illustres, en particulier M»*" Freppel, en 1887, à la cérémonie de l'inauguration de la statue. Un peu plus loin de nous, en juillet 1882, à l'époque de la restauration du culte, on a entendu, à Notre-Dame de Reims, la parole de M«' Besson, évêque de Nîmes, et de M'' Duquesnay, archevêque de Cambrai. On se souvient encore de l'éloquent discours de M. le chanoine Joseph Lémann, missionnaire apostolique, du clergé de Lyon, en faveur de V Alliance catholique qu'il a lui-même fondée pour la reconnaissance des Droits de l'Homme-Dieu.

Enfin le regretté M«'' d'Hulst, dans ces mêmes solennités, donnait un panégyrique, ou mieux un discours historique puissant sur la lutte du sacerdoce et de l'empire. C'était comme le programme de la thèse historique que nous nous sommes efforcé d'établir en étudiant le gouvernement fort et tempéré du grand Pape, au sein de cette lutte où « la victoire du lion (Grégoire VII) n'était pas définitive », et où Dieu voulait que « le dernier mot appartînt à la douceur de l'agneau (Urbain II) * ».

1. Discours de M»' d'Hulst. Cf. Le Bienheureux Urbain IL Notice biographique, neim»

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