‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 343 sur 356 · UNE BULLE ATTAQUÉE · texte numérisé non relu

UNE BULLE ATTAQUÉE

H n'est pas inutile de donner ici une explication nette de la lettre d'Urbain II à Geoffroi de Lucques sur la façon dont le Pape envisageait canoniquement les meurtriers d'excommuniés ^ .

Les ennemis de TÉglise ont pu abuser parfois de l'interprétation, aussi erronée que hardie, qu en a faite l'Allemand Dœilinger, au moment où l'excommunication était lancée contre lui.

On sait qu'au lendemain du concile du Vatican naquit le mouvement d'opposition du Vieux Catholicisme, dont il ne reste plus guère que le souvenir, à moins qu'on ne prenne pour des réalités les quelques rares groupes qui se confondent, à vrai dire, avec le protestantisme.

Professeur d'histoire ecclésiastique à Munich, Dœllînger, fut, à la tôte du parti, l'un des chefs les plus illustres par l'érudition et le prestige. Son système, une renaissance du joséphisme au fond, soit au point de vue politique, soit au point de vue religieux, ne tendait à rien moins qu'à placer purement et simplement la science au-dessus de l'Église et à subordonner les décisions de celle-ci au contrôle définitif des savants et spécialement des historiens. L'idée exprimait bien Torgueilleuse prétention d'un professeur d'histoire de ramener tout à soi.

L'archevêque de Munich, en janvier 1871, avait sommé la facullide théologie de cette ville de se soumettre aux décisions du Concile. Dœllinger répondit qu'il ne le pouvait, ni comme chrétien, ni comme théologien, ni comme historien, ni comme citoyen *. L'excommunication fut lancée contre lui le 17 avril.

Page 1