Alex. II. EpisLXWPat.lat., CXLVI
3. « ...quodam mutua» charitatis glutino... ■ Petr. Dam. Migne, PcU. laU, CXLV, 87.
live accordée au Pape et que nul autre ne peut s'attribuer. »
C'est à cet homme, à ce religieux d'une austérité extraordinaire, à cet athlète invincible, à cet évéque modèle que le député de saint Hugues succédait. Damien était mort depuis six ans (1072). L'Église d'Ostie pleurait encore son veuvage. Hildebrand, que Pierre Damien appelait, dans la liberté de l'amitié , meum sanctum satanam, était devenu le saint Pontife de TEglise universelle.
Odon, dès le début, partagea avec Grégoire VII le souci des affaires, et, c'est sans doute à cette époque de sa vie qu'il faut rapporter le passage du chroniqueur Ordéric Vital disant que le Pape choisit. Odon pour son principal conseiller.
Les relations entre Rome et Ostie étaient faciles et les deux anciens moines clunisiens, maintenant hommes publics, devenaient inséparables au temps de l'épreuve. Odon mérita bien le surnom de valet de pied de Grégoire, pedissequus Gregorii, que la méchanceté de Benon^ l'ennemi le plus acharné de l'Eglise romaine et du Pape, lui avait donné.
A cette époque, on agitait vivement la question de l'Eucharistie contre Bérenger. Au concile romain, tenu au Latran, en février 1079, Bérenger, vieillard octogénaire, mandé par l'intermédiaire de Tabbé de Cluny et du légat apostolique Hugues de Die, venait de rétracter ses erreurs sur le dogme eucharistique. Rejetant le système d'impanation qu'il avait jusque-là soutenu et que les protestants devaient reprendre plus tard, l'hérésiarque, en récompense de sa profession de foi catholique, reçut l'appui le plus miséricordieux du chef de l'Eglise. Mais, de retour dans les Gaules, il eut une nouvelle faiblesse qui lui fit changer toutes ses batteries. Toutefois, l'approche des jugements de Dieu Tas-
I. Henon, comme écrit IVdition princeps. Gi(*sebrecht (Geschichte der Dentsrhen Kais.f 111, p. 1064, n. 2) veut que ce soit ainsi, et non pas Bennon. Gfôrcr (Greg. VJf, VU, p. 957) le dit:alleinand. Il était, avant GiV'poire VII, cardinalprétpc du titre de saint Martin. LéKitime jusqu'en 1084, il tourna au schisme, quand Henri IV assiégea Rome. Il devint alors un des plus ardents di'^fenseurs do Guibert. Il assista au synode de Rome en 1098, où les décrets du concile de Plaisance furent condamnés et jetés au feu et il souscrivit aux lettres par lesquelles les cardinaux schismatiques, cette même année, s'insurgeaient contre Urbain et son parti.
sagit et, en 1080, au concile de Bordeaux, présidé par le légat ^ Hugues de Die, il fit une rétractation sincère et définitive. Huit
y années de pénitence passées àTile Saint-Gôme, près de Tours, le
tj. préparèrent à une fin édifiante. Il mourut a Tâgede 90 ans, dans
la communion de TEglise, en 1088.
C'est durant le concile de Rome, tenu contre lui, que le Pape envoya les deux cardinaux Odon et Cunon à Sainte-Anastasie pour célébrer avec Suppo, titulaire de cette église, un triduuni de jeûnes et de prières. Durant ces trois jours, ils devaient réciter trois psautiers, et célébrer un nombre égal de messes, afin ^/, d'obtenir que Dieu éclairât le Saint-Père sur la décision à pren-
dre contre Thérésie. Le pamphlétaire Benon s'est moqué de cette œuvre de pénitence en alléguant, ce qui n'était qu'un mensonge, que Grégoire voulait obtenir du ciel, pour l'éclaircissement de la question, un miracle semblable à celui qui eut lieu au temps de saint Grégoire le Grand, pour la conversion d'une femme incrédule. Benon sourit en constatant que le miracle ne vint pas. Ce que le Pape demandait à la divine bonté, ce n'était pas un prodige, mais la cessation du scandale, le salut des âmes, en particulier la conversion du malheureux Bérenger. Il l'obtint, et les messagers de sa prière à Sainte-Anastasie avaient bien mérité de l'Église.
En 1082, Odon, comme le rapporte Albéric, étant à Rome, au moment de la mort d'un certain Simon, composa son épitaphe. On ne s'étonnera pas d'un tel honneur rendu à un personnage qui mérita d'être enseveli dans la Basilique Vaticane, au milieu des tombeaux apostoliques, moins à cause de sa haute naissance que des éclatants services rendus par lui à l'Église romaine. Simon de Crespy, seigneur et comte do Valois, avait été élevé à la cour de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, près de sa cousine, Mathilde de Flandre, la future reine d'Angleterre. Revenu à la cour de France où il fut honoré de la charge de porte-étendard, il se vit, jeune encore, à la mort de Raoul son père, en possession d'une fortune territoriale immense. Blessé dans un combat où il s'était défendu avec bravoure contre les troupes royales, il fut à ce moment touché de la
grâce divine. Après avoir refusé de contracter un mariage digne de son rang, en épousant la fille de Guillaume de Normandie, il quitta, la nuit, pour ne plus y revenir, le château de ses ancêtres et alla s^ensevelir dans les solitudes du Jura, au monastère de Saint-Claude. Cet événement frappa les esprits et jusqu'au roi 'lui-même. Moine, Simon fut envoyé par Hugues de Cluny à la cour de France et à celle d'Angleterre, pour différentes affaires importantes qui eurent un plein succès. Grégoire VII lui-même rappela à Rome pour le charger de négociations pacifiques entre le Saint-Siège et Robert Guiscard, duc de Fouille. Grâce à cette heureuse intervention, se termina, en 1080, le conflit qui, depuis tant d'années, tenait en hostilité ouverte les Normands de la Fouille avec leFape. Simon connut donc son compatriote Odon. Ces deux âmes, qui avaient quitté le monde dans des conditions analogues, étaient bien faites pour se comprendre et s'aimer. Aussi, à la mort de Simon, survenue à Rome en 1082, Odon composa-t-il lui-même l'épitaphe^ de son ami. Devenu Fape, il achèvera la construction du splendide monument élevé en l'honneur de ce même ami par les soins de Grégoire VII et de la reine d'Angleterre.
Il est vraisemblable, malgré le silence de l'histoire sur ce point, que l'évêque d'Ostie, mêlé désormais aux événements importants de la chrétienté, prêta son concours au souverain Pontife dans les affaires ecclésiastiques de Reims, et défendit cette église qui était la sienne, contre les vexations de l'archevêque Mançssès. Nous avons déjà eu l'occasion d'apprécier le caractère de cet homme dont la conduite scandaleuse désolait l'église de Reims si merveilleusement édifiée par Gervais '-.