CHAPITRE IV
(1088) I. — Odon élu Pape. — Son portrait.
Les plaintes que Pierre Damien, dans son rude langage, exhalait quelques années auparavant, trouvaient encore leur complète raison d'être à Tépoquè où nous sommes : « Le monde entier se précipite vers la ruine , s'écriait le fougueux anachorète... la discipline ecclésiastique est relâchée partout, les règles canoniques foulées aux pieds... les saintes lois du mariage confondues, Y a-t-il un endroit où l'on ne commette point de rapines, de vols, de parjures? Qui a peur du sacrilège * ? Et, ajoutait-il, pour que je n'aie pas l'air de chausser le cothurne et de composer une tragédie, qu'il me suffise de répéter les prophétiques paroles de l'Apôtre : Dans les derniers temps il y aura des heures de périls ; on verra des hommes qui s'aiment eux-mêmes, cupides, enflés, superbes, blasphémateurs, désobéissants, ingrats, criminels, sans cœur... plus amis de la volupté que de Dieu 2. »
Aussi quand le souverain Pontife mourut au Mont-Gassin, <( une grande tristesse, une désespérance profonde, dit Pierre Diacre, s'empara des esprits ». Mais Dieu allait envoyer l'homme de sa droite. Voici ce qu'Honorius d'Autun dit à ce sujet ^ :