‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 58 sur 356 · Dom MAB1.0T. Metr. Rem. Ifi$t., lib. II, p · texte numérisé non relu

Dom MAB1.0T. Metr. Rem. Ifi$t., lib. II, p

2. Tanto jamjam tempore Sedi te apostolic» distuleris praesentare. Coll. liriL Crb. ep. 32,

Mariée au petit et bossu Gottfried de Lorraine, un serviteur zélé de Tempire, elle le vit mourir peu de temps après. Mais à son contact elle n'avait rien perdu de sa première éducation ni de son amour pour l'Église. Elle ne gardait rien en héritage des idées de son mari, mais tout de sa mère qui mourut en 1076. « On eût dit un ange à l'épée de feu, dit Villemain, envoyé d'en haut pour la défense de l'autel et le salut de l'Italie contre ceux que l'Italie nommait et doit nommer les Barbares ^ »

Le peintre florentin Cimabué la représente sous les traits d'une vierge habillée en guerrier, le visage demi-voilé, les yeux pleins de fierté, conduisant d'une main un cheval fougueux et portant de l'autre une grenade, symbole de sa pureté. Dans la suite, Dante la représentera plus doucement sous les traits j

d'une jeune femme chantant des hymmes et cueillant des fleurs !

au bord du Léthé, entre le dernier cercle du Purgatoire et le |

Paradis. Elle s'avance, précédant le char mystique de Rome sur I

lequel est assise Béatrix elle-même, sa propre mère, c'est-à-dire |

rÉglise, si l'on veut, tandis que Dante y reconnaît simplement j

sa belle Dame. Il est aisé enfin de la reconnaître dans cette !

Clorinde du Tasse, baptisée sur un champ de bataille, Glorinde j

la Vaillante, aux traits rudes, au front couvert d'une mâle vigueur, !

qui, jeune enfant, manie la lance et l'épée, pour les mettre plus i

tard au service d'Aladin et qui, infidèfe, blessée à mort au combat, reçoit des mains de son meurtrier Tancrède l'eau purifiante du baptême que le guerrier lui-même est allé puiser dans son casque au ruisseau de la montagne. C'est Mathilde, la dame aux cent yeux, comme l'appelle son chapelain Domnizo. Française d'origine, elle avait grandi dans l'exil persécutée des Allemands, et comme elle avait donné un appui au Toscan llildebrand, en particulier dans la forteresse inexpugnable de Canossa qui lui appartenait, de même elle devait prêter main-forte au nouveau Pontife, comme nous le verrons en son lieu. Ainsi les Papes disposeraient de deux auxiliaires redoutables à leurs ennemis : la comtesse Mathilde, Débora, comme on l'appelait, et les Normands de Xaples et d'Angleterre.

1. Villemain, Hist. de Greg. VII, t. II, p. 115. Paris, I«73.

III, — Lanfrang DE Gantorbéhy. — Urbain II auMont-Cassin.

Dans la lettre qu'il écrivit, à la même époque, aux évoques de la province de Vienne, en France, le Papç notifia son élection, et engagea ces évêques à venir en aide à leur métropole (jui avait beaucoup souffert par suite de la longue vacance du siège ^ De Terracine encore le Pontife jette un cri d'alarme en Angleterre et appelle au secours de TÉglise un de ses fils « les plus dignes et les plus vrais » -, dont « la sagesse et la foi sont connues par toute la terre » ^^ Lanfrauc, le célèbre archevô- <{ue de Cantorbéry. Avant de recevoir la consécration épiscopale, le Lombard Lanfranc avait illustré les abbayes du Bec et de Saint-Etienne de Caen. Pendant que le schisme déchirait la chrétienté, il n'avait cessé de repousser les sollicitations qu'on loi adressait en faveur de Guibert. On le regardait alors comme Toracle de l'Eglise. C'était lui qui venîiit de couronner à Westminster, en 1087, le jeune prince Guillaume le Roux, sur la demande de Guillaume le Conquérant près de mourir. 11 était Thomme du Pape. Urbain II lui demande de travailler à la cohésion des églises particulières, de corriger les abus qui pourraient s'y glisser contrairement aux saints canons et de solliciter du roi Guillaume le Roux, sur lequel il doit exercer une puissante influence, sa fidélité et son appui pour la sainte Eglise sa mère. On sait que le roi différait de reconnaître l'autorité du Pontife romain. Quant aux aumônes que le siège de Pierre a coutume de recevoir de ce pays, Lanfranc pourrait les faire parvenir par Roger, cardinal de l'Eglise romaine, porteur de cette lettre, ou par l'intermédiaire de Cluny.

1. D. Bouquet, Jt H. F., t. XIV, p. \m. Ex. bibl. FJoriac, parle IlL p. 74. Los Monumenia Germanûx (Epistolarum, t. III, p. 105, n. 27. Berolini, 1892) donnent celte lettre comme fausse.

'2. • ... deprimoribus Hlium nobilissimum et verissimum scimus... » hKivtJieg. j:îo1. Tbeiser. Di^qu, criL, p. 207. MuiNE, t. GLI. p. 280.

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