‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 59 sur 356 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

En même temps qu'il écrivait aux grands personnages ou aux nations, Urbain II envoyait partout des légats pour affermir les princes chrétiens dans Tunité.

On sait qu'à la mort de Grégoire VII, l'antipape Clément III occupait encore Rome en partie. Victor III lui avait disputé la basilique de Saint-Pierre et le Vatican, où il réussit à se faire consacrer, mais sans parvenir à chasser de la ville son adversaire qui se réfugia dans la forteresse du Panthéon. Élu Pape, Urbain II était maintenu loin de son siège. C'était le début naturel d'un Pontificat qui devait avoir pour théâtre moins Rome (jue la chrétienté, l'entrée en lice d un pape dont la providentielle mission serait de voyager pour prêcher et pour combattre. Les soldats de Guibert pouvaient se cramponner aux redoutes romaines, et lui-même y jouer au Pape; la parole de Dieu qui n'a point de chaînes, promènerait la justice et la vérité par tout le monde chrétien.

La vitalité de l'Eglise s'était réfugiée dans les monastères et c'est de là que partit le zèle pour la réforme. Les prédéceseurs d'Urbain II étaient des moines ; Jui-même sortait du cloître, et quand il se réveilla souverain Pontife, ses yeux, avons-nous dit, s'étaient dirigés d'instinct vers Cluny où il avait demandé assistance. Aussi, son principal soin fut-il de s'entourer, dès le début, de collaborateurs religieux. C'est Odon, son homonyme, moine de Cluny, qu'il élève à la dignité d'évêque d'Ostie ; c'est Léon et Jean, tous deux moines du Mont-Cassin, qu'il se choisit comme secrétaires *. Ce fut ce Jean qu'il nomma peu après cardinal et chancelier de l'Eglise romaine et qui plus tard le remplaça sur le trône pontifical sous le nom de Gélase II.

Comme il était privé de son siège, Urbain II alla naturellement demander l'hospitalité d'abord au Mont-Cassin, la citadelle des Papes II y monta aussitôt son élection, comme le rapporte Pierre, dans sa Chronique. Voici l'événement qui y arriva à cette époque, s'il faut en croire le même chroniqueur^. Le

1. Ce Léon n'est pas le même que l'auteur des Chroniques du Monl-CMsin, quoiqu'il ait été comme lui créé cardinal et évêque d'Ostie.

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