‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 60 sur 356 · Chronic. Cass,, I. IV, c. v · texte numérisé non relu

Chronic. Cass,, I. IV, c. v

Pape fut délivré au Mont-Gassin d'une violente douleur de côté qu*il éprouvait depuis longtemps et dont il souffrait alors cruellement. On était à la veille de la fcHe de saint Benoit, le 20 mars. Comme le Pontife semblait douter de la présence du corps de saint Benoit au Mont-Cassin, le bienheureux lui apparut et lui dit : « Pourquoi douter de la présence de mon corps?... Si tu veux un signe certain que je repose ici, quand sonnera Theure de Toffice des nocturnes, tu seras guéri. » A l'heure dite, le Pape, se sentant guéri, alla trouver l'abbé Odérisius et lui raconta tout ce qui s'était passé. Seulement la bulle d'Urbain II qui relate cet événement renferme plusieurs faussetés tellement évidentes qu'elle ne supporte pas l'examen ^ Si le Pape Urbain II a été miraculeusement guéri par saint Benoit, ce que l'on peut très bien admettre, la chose n'a eu aucim rapport avec la présence du corps, au Mont-Cassin, du saint patriarche.

II parait certain que, durant ce premier séjour au Mont-Gassin, le souverain Pontife promut Jean de Gaéte au diaconat de l'église du Latran. Plusieurs pièces datées de 1088 portent la signature de celui-ci sous la première année du Pontificat d'Urbain.

Quoi qu'il en soit, ce fut à cette époque et en ce lieu que le Pontife nouvellement élu reçut la visite de Roger et de Boëmond, l'un frère et l'autre fils de Robert Guîscard. Ursion, abbé du monastère de Bantino, dans laPouille, les accompagnait et, avec eux, venait demander au Pape de descendre du Mont-Cassin I>our consacrer lui-môme l'église de son abbaye. Urbain II obtempéra à leurs désirs. Après les cérémonies de la dédicace, il accorda au monastère, à la demande des princes et des barons, des privilèges considérables. Mais le bref pontifical qui en faisait mention fut détruit peu de temps après par quelques seigneurs normands de la Pouille qui, profitant sans doute de l'ab-

1. Il ne nous importe pas d'cntror mémo dans le simple exposé d'une discussion qui a duré des siècles, entre Italiens et Français, an sujet de la translation totale ou partielle des reliques de saint Benoît, du Mont-Cassin à Fleury-sur^Loire. Wuant à la bulle apocryphe d'Urbain II, nous renvoyons à la savante étude qu'en a faite dom Chamard : Les Reliques de saini Benoit, p. 178 et se(|. Paris, 1882.— JAfré \\A\1, sous l'année MfM) la donne ('paiement comme supposée.

sence de Roger et de Boëmond, pillèrent les biens de ce monastère, brûlèrent les chartes et mirent les moines à la torture. A la nouvelle de cette violation sacrilège, le Pape écrivit aux chefs normands pour leur recommander de sévir contre les spoliateurs. C'est à la suite de cette lettre que les princes signèrent une nouvelle charte en vertu de laquelle ils s'engageaient à assurer protection perpétuelle au monastère et à ses biens ^

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