‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 62 sur 356 · G. Malaterra, 1. I, c. iv · texte numérisé non relu

G. Malaterra, 1. I, c. iv

*2. • ... juvenispulchorrimus.procone sUtuse,.- Hngua facundissimus, consilio callidus,... omnibusfjucundus et affabilis... militia forox,... laudis appetens. » Ibid., 1. 1, c. XIX. ^

3. ■ ... Ipse equo amisso, sellam, ne quasi timidus accolorare videretur asporlans, versus suospedes regreditur. • Ibid.yl, II, c. xxx.

4. ■ North onim anglice aquilo, man vero dicitur homo, » Ordehic Vit., Hist. eccL, 1. IX, éd. Migno, p. Gî>t.

la foi jurée dès que le feu de Tambition le travaille ^ La tapisserie de Bayeux les représente avec leurs armures en forme d'écaillés, leurs casques pointus et leurs nazaires 2.

Telle était cette race quelque peu barhare que les Papes devaient civiliser en la faisant servir à la cause de la justice; c'est de cette rude enveloppe qu'ils devaient tirer le type du vrai chevalier chrétien.

On comprend alors que notre Pontife Urbain II, en sage politique, ait eu intérêt à se ménager un appui qui tint souvent en respect les empereurs d'Orient et d'Occident et aussi le roi de France, Philippe, dont les Normands étaient les vassaux formidables. Mais en les exploitant, il les assagit. A cette époque même, à la cour de Guillaume le Roux, la vie des seigneurs est livrée à la frivolité et à la débauche. Orderic Vital, dans son Histoire de Normandie, en a fait un tableau très chargé ^. Mais il y a loin, de ces chevaliers efféminés d'aujourd'hui, aux héros d'Antioche, Boêmond et Tancrède, les chevaliers de demain, transfigurés, ceux-là, par le Pape de Clermont.

Bien que l'histoire se taise sur les promesses échangées à Troïna, on peut croire que les Normands protestèrent alors plus que jamais de leur dévouement au Saint-Siège. N'étaient-ils pas les ardents propagateurs du christianisme dans cette Sicile en particulier qu'ils avaient affranchie de la domination païenne ? On comprend qu'ils aient été accueillis dans cette île comme des libérateurs. Ainsi, dès 1061, à Troïna même, les habitants chrétiens, assujettis aux Sarrasins, avaient livré leur ville à Roger '* : a Dès qu'ils virent les Normands, raconte Fazellus, toute la ville se porta à leur rencontre avec les insignes du christianisme , croix et encensoirs. On alluma l'encens devant la porte de la ville et on introduisit les Normands dans les murs , en suppliant le Dieu de propitiation de bénir leur arrivée. C'est ainsi que Roger

1. - Indomila gens Normanorum ost et, nisi rigido rcctoro coercoatur, ad facinus promptissimaest... » Ibid.^ p. ()55. •2. Elle est décrite dans Ducarel: Antiquités aw/îo-normandes,

3. V. Collection des mémoires de Guizot, t. XXVII, p. 2ii2 et suiv.

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