‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 70 sur 356 · Annal, bened.j Ibid · texte numérisé non relu

Annal, bened.j Ibid

3. M. G. SS., V, p. 452-453. Paul Bernried, dans sa Vie de Grégoire VII, appelle canve la religion de saint Benoit, rcligio quadratd, en ce sens que la religion bénédictine était composée de quatre sortes <Ie membres» deux catégories en chaque sexe : pour les hommes, il y avait les allonsi, c'es^à-dire ceux qui coupaient leur barbe, se rasaient le sommet de la tète et suivaient la règle stricte des religieux ; puis les 6ar6a(t, c'est-à-dire les frères con vers qui gardaient la barbe fournie et longue, comme les Saxons et les Germains, usage auquel ont toujours si fort tenu les nations barbares. (C'est Guillaume d'IIirschau. au rapport de Trithème, qui institua ou renouvela cette dernière catégorie de frère*?, lesquels, pour se distinguer des clercs qui se rasaient la barbe, conservaient la leur.) Les deux classes de femmes se composaient, Tune de celles qui, par une dévotion singulière, vivaient enfermées, l'autre de celles qui étaient plus modérées pour la clôture. Les principaux conducteurs de ce quadrige spirituel furent Altmann de Passau, Odalric deCluny, Guillaume d'Hii-schau et Siegfried de SchaiTouse.

IV. — Voyage d'Urbain II en Italie. — Synode schismatique de Rome. — Lettre de l'antipape.

Urbain II ne put rester longtemps à Rome où Tantipape lui disputait avec acharnement le terrain. Pendant plusieurs années il va errer dans tout le midi de Tltalie, défendant l'Eglise, tenant des conciles, subsistant de la charité des fidèles, plus beau sans doute par le prestige d'une dignité mendiante promenée sur les grands chemins, et plus apostolique par sa ressemblance avec le premier des Papes qui fut comme lui un pape errant.

Nous avons déjà pu constater que les moines étaient les soldats de sa réforme. Il en fait les conseillers des évoques. C'est ainsi que le 1®"^ août, de Capoue où il s'est arrêté, Urbain II envoie une lettre au futur prélat de Cantorbéry, Anselme, abbé du Bec, pour pardonner à l'évèque de Beauvais tout ce qui a pu être illégal dans son ordination. Il y recommande à l'abbé de prendre soin de cet évoque comme d'un fils, d'être son « moniteur, son correcteur et son conseiller », et, s'il ne peut toujours être lui-même près de lui, de lui mander un de ses frères pour l'assister. On ne s'étonnera pas de cette manière d'agir du Pape, quand lui-même s'entoure de religieux et quand, dans cette lettre même, il supplie Anselme de lui renvoyer au plus tôt le moine Jean ou de le ramener lui-même. « Du reste, ajoute-t-il à l'abbé avec tendresse, sitôt que vous pourrez venir, ne différez pas votre visite au Siège apostolique, afin de me procurer la jouissance de votre amitié ^ »

Urbain II passait chez les Normands. Il y fut l'arbitre d'un différend qui avait surgi entre les deux fils de Robert Guiscard, Roger et Boëmond. Irréconciliables sur le point de la succession de leur père, tous deux s'accordaient à reconnaître l'autorité suprême du Pontife orthodoxe 2. Celui-ci leur envoya comme

1. «... ut dilcctionis mutua) pnesentia devotiono débita perfruamur. >• Ansei.m. Archiep. Cant. EphL, 1. II, 32.

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