Conscia pulchritudinis sua». Ohd. Vit., VIII
2. D'après Orderic Vital (liv. VIll), aucun des ôvêques do Finance n'aumit approuva les projets criminels du roi. Hugues de Flavigny affirme qu'il y en eut. Ce qui n'est pas douteux, c'est que Philippe et Bertrade vendirent des évêchês, s'il faut en croire l'irrécusable téuioin Yves de Chartres. V. Ivox, ep. 66 et 67.
3. Il paraît certain que l'ai'chevêque de Keims, Kenauld, n'ai)pi'ouva jamais cette union saciilège.
s^appuyer sur uq semblant d'autorité. Les Juifs ont condamné le Sauveur, la Révolution a renversé les autels et les trônes au nom de la justice.
Déjà les préparatifs du mariage s'annonçaient. Yves fut invité à se rendre à Paris pour les fêtes. 11 répondit n'avoir aucune connaissance de l'autorisation des évoques et du Pape. Au surplus il n'assisterait au mariage du roi qu'autant que les causes du divorce seraient canonîquement établies dans un concile général et que la cérémonie serait célébrée par rarclievêque de Reims ^ « J'aimerais mieux, ajouta-t-il, qu'on me jetât dans l'eau avec une meule au cou que d'être une pierre d'achoppement pour les faibles 2. »
En même temps Yves envoyait à tous les évêques invités une copie de sa lettre adressée au roi. Il les suppliait de ne pas rester « comme des chiens muets qui n'ont pas le courage d'aboyer », mais d'être « comme de vigilantes sentinelles, de sonner de la trompette » ^. A l'Archevêque de Reims, il écrivait pour reconnaître son droit exclusif de présider la cérémonie *, et il le suppliait de tenir bon : « Je compte sur votre religion, disait-il, pour ne rien dire ni faire, dans une question si périlleuse, qui ne soit appuyé sur l'autorité et sur la raison... Pour moi, j'aimerais mieux perdre pour toujours ma charge, mon nom d'évêque plutôt que de scandaliser le petit troupeau de mon Dieu par une violation de la loi ^. » D'autres raisons secrètes dont il aimait mieux ne rien dire, l'empêchaient encore de favoriser un tel mariage.
Le roi demeura sourd aux protestations des consciences indignées et de la sienne. Du moins, comme il sentait que la fermeté de l'épiscopat ne manquerait pas de soulever l'esprit
1. Yves parlait ainsi parco qu'il appartoiiait cxclusivonionl à rarchevêqiio do Rotins de dispostM* du diadème royal (cuni Remensis Ecclesia regni diadenia habeat) et que la reine devait être sacn''(» dans la cérémonie du mariage.