Persii Sat., III, v
2. Omnes etiam a furno rcdeuntes scioli concludent. Walraini et lîcrrandi i'p. Mon. germ. De lite, t. II, p. 288-289.
3. • ... uxorem odio cœpit habere; idoo incarceravit oam et concessit ut plerique vim oi inforront, imo filiuni hortans ui eam siibag:itaret. Q\io rocusautc patris pollueiv stratum, eiim rex non siiiiin, sod percgrini lilinm csso affirmavit rujusdam principis do Sueviâ; cujus eliam faciom praîdictiis Conradiis pliirimura assimilavit. » Dodochin. ïbid.
aller se joindre au parti du duc Welf et embrasser la cause des soldats de saint Pierre. Mais la colère paternelle le poursuivait. Surpris dans un guet^apens, il fut saisi ef enfermé. Mais la miséricorde divine, plus forte que les criminelles combinaisons, fit des miracles en faveur de Tinnoeence outragée. Conrad, bientôt délivré de ses fers, alla recevoir des mains d'Anselme de Milan la couronne des rois des Lombards, aux acclamations des catholiques et avec le complet assentiment du duc Welf et de la comtesse Mathiide.
C'était le signal d'un nouvel élan pour les tenants du parti légitime. Milan, Crémone, Lodi, Plaisance formèrent une ligue qui devait durer vingt ans. L'événement permit aux catholiques d'occuper les gorges des Alpes et de barrer le passage aux troupes qui seraient tentées de descendre d'Allemagne en Lombardie pour apporter du renfort aux Impériaux. Pendant ce temps, le duc de Bavière apparaissait en Italie pour unir ses forces aux bataillons des fédérés. Alors on vit la comtesse Mathiide, « oublieuse de son sexe, pareille aux amazones antiques, elle, simple femme, mener au combat des masses d'hommes de fer* ».
Étonné de voir ces malheurs soudains précipiter sa disgr&ce^ Henri se retira dans une forteresse et y vécut un temps sans appareil extérieur. La douleur le rongeait, la rage même, au point qu'il faillit se donner la mort; on arriva à temps pour l'en empêcher-. Quelle était la ville où il demeura ainsi quelque temps enfermé? Vérone, s'il faut en croire un contemporain 3. 11 se trouvait si étroitement bloqué dans la citadelle qu'il ne pouvait ni pénétrer en Lombardie où l'arrêtaient les troupes de
1. Quw oblita soxus, nec disparantiquisaniazonibus, forrata virorum agmina in belluiii agobat fomina. Glili.ei.m. MAi.MEso.Jib. III de lieg.
a. So ipsum mort! tradero voluit, sed a suis prieveiitus ad elTcctum venire non potuit. Bernold, ann. 1093. 3/. G.SS., V., 45(3. Los chroniqueui's du temps rapportent ce fait avec effroi, tellement les tentatives de suicide étaient rares à cette époque. L'exemple que présenta au Xir siècle la petite ville de Stein. en Allemagne, où un homma se suicida par dégoût de la vie, est peut-être unique dans le cours de ce siècle et dans l'Europe entière, dit llurter. {Tableau dei imtitut. de r Église, etc., Ill, 'MH.)
3. Udescai.c, dans la vie de l'abbé Eginon, t. II des Lectiones anliquœ.
la princesse Mathilde, ni sortir de là pour retourner en Germanie, tous les passages étant gardés par les princes allemands.
Quant à la reine, après des tortures inimaginables infligées h son innocence, providentiellement délivrée, elle se réfugia auprès de Mathilde qui alors était toute-puissante. Par l'entremise de celle-ci elle put arriver jusqu'au souverain Pontife. Prosternée à ses pieds, elle lui raconta, en pleurant, tous ses malheurs. Urbain, défenseur-né de la faiblesse et de la justice opprimées, fui pris de pitié pour la royale victime, et, assemblant les catholiques, il excommunia de nouveau l'empereur pour ses horribles méfaits. De retour dans son pays, en Russie, la reine Adélaïde se serait, dit-6n, enfermée dans un monastère dont elle serait devenue plus tard l'abbesse *.
Entre temps, on se groupait autour de l'évêque de Constance, Gebhard, qui venait d'armer chevalier et vassal de l'Eglise romaine le vieux duc de Bavière, comme il avait déjà fait pour son propre frère Berthold, duc de Souabe. Au congrès d'Ulm, qui arriva peu après, les princes allemands jurèrent d'obéir comme un seul homme à Gebhard, légat du Pape, pour les lois de l'Eglise, et au duc Berthold, pour les lois germaniques. Mais on jura en faveur de la paix comme pour la guerre. C'est ainsi que la Trêve de Dieu, dans ce congrès, eut sa part magnifique : tous, ducs et comtes, grands et petits, promirent de respecter fidèlement la paix depuis le 25 novembre jusqu'à Pâques, puis à partir de Pâques durant deux années consécutives ^. Et pour que la chose fût pourvue de solides garanties, les princes, rentrés dans leurs domaines, exigèrent le même engagement de leurs vassaux.
D'ailleurs Gebhard faisait plus que jouer un rôle politique. Par sa religieuse initiative, la vie monastique prenait de l'extension. Cette année même plusieurs abbayes furent fondées : ainsi l'abbaye de Saint-Biaise dans la Forêt Noire, reconstruite par Berthold et consacrée par l'évêque son frère; puis, Tannée sui-
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