‹ Un Pape français: Urbain IIChapitre 95 sur 356 · Bestia terribili et varia · texte numérisé non relu

Bestia terribili et varia

au livre de la vie et de F Agneau; nous lui avons mandé sa part de malédiction à cause de ses œuvres simoniaques, de son épiscopat usurpé à prix d'argent, et pourquoi encore? Parce qu'il vous a odieusement chassé de votre monastère pour obéir à son roi, mis à votre place, moyennant finance, une créature publiquement jugée et condamnée comme contumace et imposé les mains à un certain Lupus , également condamné, au su de tous, pour simonie et autres crimes des plus graves. Nous avons aussi porté un jugement contre ce Wolbod qui , pareil au démon quand il tombait du ciel, s'est abattu sur votre abbaye pour Tacheter au prix d'un argent qui n'était pas le sien, et, avec lui, la troppe de ses partisans et satellites... Quant avons, frère très aimé, réjouissez-vous, le roi d'Israël veut voir son fils assis sur les rives des fleuves de Babylone et y pleurer, il veut l'entendre appeler librement, de tous les soupirs de son cœur, le retour dans la terre de promission, au lieu de périr dans le fleuve, embarrassé parmi les folles joies du siècle. Nous voulons que votre sagesse ait pour point d'appui les suggestions de la raison, le témoignage des divines Ecritures, les exigences de notre sainte religion, la voix du sang des martyrs, les* ordres et les recommandations de la sainte Église romaine. La Vérité pour nous convertir à elle-même a voulu pour soi la mort, et rien ne peut nous délivrer de la captivité du démon si ce n'est la Vérité seule. Avec moi vous saluent dans le Christ, vous et vos frères, les évoques, clercs, abbés et moines ici assemblés. Tous nous vous demandons de penser à nous dans vos saintes oraisons et de prier pour la sainte Eglise Celui qui en venant sur la terre lui a apporté la paix et célébré ses fiançailles dans le sang. Notre fils chéri Gerbert, porteur de cette lettre, vous dira tout bas quand et comment, pour éviter les embûches de Satan, vous pourrez venir à nous K »

Tel était le langage de l'ardent Pontife. La voix des conciles en France se faisait l'écho de la sienne. Une fermeté si mesurée

Page 1