‹ Un parallèle: Lord Beaconsfield [i.e. Benjamin Disraeli] et Sir John Macdonald [microforme]Chapitre 2 sur 3 · DE L · texte numérisé non relu

DE L

que celle que proposaient les whigs qui, denuis plus de trente ans, avaient fait de cette question leur cheval de bataille. “On nous a reproché,” disait M. Disraeli,quelque temps après l'adoption de la loi, ‘‘ de nous être opposés à une réforme très restreinte et d’avoir fait prévaloir une réforme très large ; mais ce n’est point là un reproche pour nous, c'est notre mérite principal. Nous avons combattu la première, parce qu'à nos yeux elle n’offrait aucune conclusion réelle, et parce que si le pays demandait, en effet, une solution, c'était une solution permanente” Ce n’est pas la première fois que les tories allaient plus loin que les whigs dans la voie des idées larges et généreuses ; Car on sait que l'émancipation des catholiques fut adoptée par un cabinet tory, présidé par le due de Wellington. Au reste, M. Disraeli a prétendu, en maintes circonstances, que les tories sont, plutôt que les whigs, les véritables réformateurs.

A part la loi de réforme, M. Disraeli avait acquis bien d’autres titres à la reconnaissance des ouvriers, notamment par la refonte de la législation sur le travail dans les manufactures, par la loi sur les logements insalubres et par plusieurs autres actes qui témoignent de sa sollicitunde pour les déshé: rités de la fortune. Aussi, cette reconnaissance

prit une forme bien touchante lorsqu'au lendemain de son élévation à la pairie, il lui fut présenté une couronne comtale, produit d’une souscription générale organisée parmi les ouvriers d’Angle terre pour rendre hommage à son mérite.

C'est aux élections générales de 1874 que le chef tory a surtout réussi à ob'enir l’adhésion des classes laborieuses, qu’il a saluèe comme un signe rassurant de l’union permanente de toutes les forces sociales de l'Angleterre, de la propriété, du travail et du capital.

De son côté, sir John Macdonald a su, par différents actes, rallier les votes des agriculteurs, des industriels et des ouvriers, dont l'alliance est irrésistible au jaur du scrutin. Au nombre de ces actes, nous pouvons mentionner la protection | de l’industrie indigène, l'extension de la franchise électorale et la reconnaissance légale des associations ouvrières. Le chef du parti conservateur canadien a ainsi trouvé la solution d’un | problème que ses adversaires n’ont pas craint de | qualifier de phénomène monstrueux : la création | de l’ouvrier tory !

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