‹ Un peintre alsacien de transition; Clément Faller;Chapitre 3 sur 8 · VENTES · texte numérisé non relu

VENTES

Le chapitre des marchands de tableaux est un des plus lugubres de la biographie de Faller. « Il n'a que son Yankee à la plume chez S..., écrit M"^^ Faller ^, dont il demande 75 francs et dont l'honnête M. S... demande 200 francs. On n'achète pas, a dit un commis, parce qu'on trouve un peu cher... Ainsi, on veut faire un bénéfice de 125 francs sur un article de 75 francs, et c'est ainsi chez presque tous les marchands de tableaux. »

M. Jean DoUfus nous a dit comment Faller se refusait à toutes relations avec les grands industriels de la curiosité qu'il lui recommandait.

Vers la fin de sa vie, quand il fut seul et abandonné de la plupart de ses amis, l'artiste visita quelques brocanteurs du quartier des Batignolles dont il fit tout à la fois des camarades et des souffre-douleur.

L'un d'eux raconte qu'il a connu le vieillard dans son logis exigu de la rue Jouffroy, au milieu d'un entassement de toiles retournées contre le mur. Lui proposait-il d'acheter quelques-unes de ces toiles, Faller répondait brusquement : « Les marchands des Batignolles sont trop crétins pour pos-

Lettre du 16 novembre 1863,

séder mes tableaux. » Et il fermait sa porte, interdisant même de nettoyer le réduit où il vivait.

Quand l'artiste fut mort, on fit un tri parmi ses œuvres, puis 400 tableaux furent proposés au brocanteur le plus voisin pour 40 francs !

Nous donnons ci-après le texte du catalogue de la vente qui, en 1902, suivit cette première dispersion.

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