‹ Un peintre paysanChapitre 22 sur 70 · IO · texte numérisé non relu

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Le soleil venait de disparaître sous un bouquet de saules et de peupliers qui dominait un champ de blé.

On sentait encore sa présence à l’air embrasé dont les irradiations enveloppaient d’or en fusion les rameaux frémissants.

Des vapeurs violettes, humectant les épis immobiles sur les sillons endormis, m’apportaient l’enivrante odeur du froment.

On se sentait envahi par cette fraîcheur exquise et perfide qui tombe si vite dans les plaines après la chute du soleil.

La terre brune et chaude encore, semblait prise d’un voluptueux frisson.

Et voici qu’une fille passa, grande et droite, dans un ton adorablement froid sur l’air fauve, les contours baignés de lumière.

Et j’entrevis en imagination mes groupes de glaneuses.

De retour à Courrières, je me mis au tableau, me heurtant à bien des difficultés et des défaillances malgré lesquelles les artistes veulent bien me dire que cette toile garde encore, après bientôt quarante ans d’existence, cette impression vierge qui en fait le primitif des paysanneries crépusculaires.

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