LES FAUX-FUYARDS
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LES FAUX-PUYARDS
OSERAi-jE me risquer dans la jungle de M. Clemenceau et ramasser quelques miettes tombées du repas du tigre ? C'est que, depuis qu'il m'a été donné de voir nos admirables soldats à l'œuvre, là-bas, il faut que je croque à mon tour quelques embusqués : c'est plus fort que moi 1
Mais il importe de garder de la mesure sur ce
sujet épineux,, et de ne pas tomber dans Venh busqiuymanie , Car il serait absurde de croire que tous les hommes jeunes et valides qu'on rencontre dans les villes sont des embusqués.
Par ordre du ministre, ils ont été vigoureusement traqués et poussés en masse dans les tranchées.
Mais en dépit de cette œuvre de justice né-
cessaire, jjui se poursuit prudente et inlassable, quelques sinistres roublards restent encore tapb dans leurs trous, rassurés par ce qu'ils prennent pour de l'oubli, de Tindifférence, et qui n'est que le mépris public.
Us ne sont pas légion, c'est entendu. Slais Us sont encore trop nombreux.
Les embusqués authentifiés qui sont surpris ' en flagrant délit de désertion, oui, de désertion, on se contente de les expédier au front, dans les rangs de nos héros. C'est trop d'honneur I II conviendrait d'abord de les marquer d'infamie. Il y a dans leur cas toute la différence qui sépare la lâcheté de la peur. La peur est un phénomène physique que subissent parfois, sous la mitraille ou les gaz asphyxiants, même les plus braves ; on peut l'excuser. On ne pardonnera pas la lâcheté de l'embusqué, qui est un acte bas, réfléchi, prémédité.
Dans l'existence courante; nous étions habitués à juger avec indulgence ces tours de faveur, ces passe-droits, toutes les petites iniquités du favoritisme. En temps de paix, les débrouillards, les pistonnés qui se livraient au