‹ Un pèlerinage au pays d'Evangéline [microforme] (volume 2)Chapitre 11 sur 92 · Archives de l'archevéché de Québec · texte numérisé non relu

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des Mines ne s'étaiert révoltés et n'avaient chassé cet intrus, !

On avait aussi empêché les Acadiens de bâtir de nouvelles églises et de réparer les anciennes, On en avait même démoli quelques-unes: à la Prée-Ronde de Port-Royal entre autres. Certains gouverneurs voulurent même imposer des lois aux missionnaires jusque dans l'administration des sacrements de l'église.? Ainsi, par exemple, le gouverneur Mascarène écrivit des lettres de menaces à l'abbé Desenclaves, parce qu'il avait refusé l’absolution à des individus qui refusaient de faire les restitutions auxquelles ils étaient obligés.

Ces procédés vexatoires firent naître des défiances dont profitèrent les émissaires français pour engager une partie des Acadiens à violer la neutralité qu’ils avaient promise. Ce fut là le commencement des interminables querelles au sujet du serment, qui allèrent toujours en s’envenimant jusqu’à la catastrophe €e 1755. d

1. Documents, notes et traditions swr l’Acadie recueillis par M. Sasseville, curé de Sainte-Foye.--Je suis redevable à M. l'abbé Sasseville, qui s'occupe depuis de longues années de l’histoire du Canada, d'une foule de précieux renseignements sur l’Acadie. — Archives de la Nouvelle- Écosse--pasciin.

2. Histoire de la Nouvelle-Écosse, par B. Murdoch, v. I. p. 409,

Le gouverneur Cornwallis et ses successeurs mirent en œuvre toutes les mesures de persuasion et de menaces pour arracher aux Acadiens un serment sans réserve.

Il faut bien se rappeler quelles étaient les lois de la Grande-Bretagne contre les catholiques à c.tte date, et sous quel joug étaient alors courbés los Irlandais, pour saisir toutes les conséquences que pouvait entrainer un tel serment. Les missionnaires des Acadiens, gardiens de leur foi, n'étaientils pas justifiables de manifester leurs craintes à ce sujet ? Pouvaient-ils même, en conscience, ne pas leur en faire voir les dangers ? !

Ce fut pour mettre un terme à toutes ces vexations, et aussi pour obéir aux sollicitations qui leur étaient faites de venir s'établir au Canada que, au printemps de 1750, les Acadiens adressèrent au gouvemeur Cornwallis une requête pour demander l'autorisation de quitter la province.

C'était le seul parti raisonnable qu'ils avaient à suivre, puisque d’une part ils ne voulaient pas prendre plus d'engagements vis-à-vis du gouver-

1. Le serment du Test ne fut aboli dans la Nouvelle-Écosse u’en 1827. Ce fut Haliburton, élu par les Acadiens du comté e Clare uie Sainte-Marie) qui le fit abolir, Il faut lire le beau

portrait qu'il fit des Acadiens et de leur missionnaire, l'abbé Sigogne, dans le discours qu’il prononça à cette occasion,

nement anglais que n’en avaient pris leurs pères, et que de l’autre on exigeait d'eux des formules de serment de plus en plus sévères.

Le gouverneur répondit qu'ils n'avaient qu’à se conformer aux rèslements établis dans la province pour les personnes désirant en sortir, c’est-à-dire qu'à se munir de passeports ; et ‘ que rien ne lempêcherait d'accorder de tels passeports à tous ceux qui lui en demanderaient. ” Ce consentement qui était un aveu éclatant de la justice de leur demande, n'était au fond qu'un ieurre destiné à dissimuler un refus réel, que le gouverneur n’osait affirmer tout haut de crainte de voir les Acadiens lui échapper.

Il ajoutait dans sa réponse que, pour le moment, il ne pouvait pas accorder de passeports, qu'il fallait attendre que la paix fut rétablie dans la province. ‘ Mais, continuait-il, vous pouvez vous en‘reposer sur ma parole (you can rely upon my word) : aussitôt que la tranquillité sera rétablie, nous donnerons

des passeports à tous ceux qui en demanderont.” © Dans le reste de sa réponse, il employait tour à tour la persuasion et les menaces pour les retenir. ‘“ Mes amis, leur disait-il entre autre choses, du moment que vous avez déclaré votre désir de partir et de vous soumettre à un autre gouverne-

ment, notre détermination a été de n'empêcher personne de suivre ce qu'il s’imagine être son intérêt. Mais nous vous avouons franchement que votre détermination de partir nous fait de la peine. Nous connaissons bien votre industrie et votre tempérance, et nous savons que vous n'êtes adonnés à aucun vice, ni à aucune débauche... Vous possédez les seules terres cultivées de la province; elles produisent assez de grain et nourrissent assez d'animaux pour suflire 4 toute la colonie. Cette province est votre pays; vous et vos pères l’avez cultivée; naturellement vous devriez jouir des fruits de votre travail.” !

Le gouverneur concluait en leur rappelant l’obligation de prêter serment, mais sans oser l’exiger de fait, de crainte de les voir partir; puis ‘il leur défendait de faire des assemblées sans une permission spéciale. Enfin il leur déclarait que ceux qui s'éloigneraient ne pourraient emporter aucun de leurs effets avec eux, et que tous leurs biens seraient confisqués.

En d’autres termes, c'était les déclarer prisonniers. C'était aussi violer ouvertement la clause XIV du traité d'Utrecht où il était ‘“ 2xpressément

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