Gouverneur du Massachusetts
2. ....If the Chief Justice should be of opinion that, by refusing to take the oaths without a reserve, or by deserting their settlements to join the French, they have forfeited their Title to their Lands, we could wish that proper measures were persued for carrying such forfeiture into execution by legal process, to the end that you might be enabled to grant them to any person desirous of settling there, where we apprehend a settlement would be of great utility, if it could, in, the present situation of things, be effected ; and as Mr Shirley has hinted in a letter to the Earl of Halifax, that there is a probability of getting a considerable number of People from New-England to settle there, you would du well to consult him upon it.— Extract from a letter of Lords of Trade and Plantations to Governor Lawrence, Whitehall, October 29th, 1754, p. 237.
3, Ce n’était pas le désir qui faisait défaut, Joshua Winslow écrivait du fort Lawrence au colonel Winslow en date du 23 septembre 1755: ‘* You have a fine Parcel of Stock. (C'est ainsi qu’il désignait les captifs acadiens). I wish they were Equally Distributed among a number of Good Familys and the Lands well Settled. ”-—Journal du colonel Winslow ; extraits purs par la Société Historique de la Nouvelle-Écosse, v. II, p. 139.
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La chute du fort Beauséjour, qui mit presque toute la presqu'île aux mains des Anglais, décida du sort des Acadiens. Quoiqu'on en ait dit, la prestation du serment qu'on avait cessé de leur demander ne les aurait pas sauvés; car elle ne leur eût arraché du cœur ni leur attachement à leur religion, nileurs sympathies pour les Français. Au fond ce fût là leur grand crime, qualifié par les uus de funatisme, par les autres d’héroïsme, selon le point de vue où chacun se place. La preuve, c’est que ceux d’entre eux qui avaient prêté serment ne furent pas plus épargnés que les autres ; ils furent comme eux condamnés à la déportation.
Détestés par les Anglais, contre lesquels un petit nombre d’entre eux étaient toujours plus ou moins prêts à se liguer malgré leurs intérêts, délaissés par les Français du moment que ceux-ci ne pouvaient plus se servir d'eux comme d'instruments, ils n'avaient de véritables amis que les missionnaires, dont les conseils leur paraissaient les plus désintéressés. Peut-on leur reprocher d’avoir eu complètement tort en écoutant leurs avis ?
Les missionnaires n'ont-ils pas été les seuls qui leur soient restés fidèles dans leur malheur ? L'abbé Maillard, par exemple, l’un des plus remarquables,
n’a-t-il pas continué à servir ceux qui s'étaient réfugiés dans les parages du golfe ? N'est-il pas mort au milieu d'eux, usé de fatigues et de privations ? !
L'abbé Desenclaves n'a-t-il pas vécu dans les bois avec ceux qui avaient cru trouver une retraite du côté du Cap de Sable, jusqu'à ce que, traqué par les Anglais, il eût été fait prisonnier avec les siens et jeté sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre ?
Et l'abbé Leloutre lui-même, dont la conduite fut inexcusable à certains égards, et qui s’attira les justes reproches de son évêque, n’eut-il pas, du moins, le mérite de payer de sa personne, d'exposer sa vie bien des fois pour ses ouailles ? ? Si les Acadiens l'avaient écouté lorsqu'il les pressait d'émigrer, lorsqu'il leur disait qu’ils étaient sur un volcan, qu’il n'avait pas de pires ennemis que ceux qui les entretenaient dans une fausse sécurité, n'auraient-ils pas échappé à la déportation ? Et, au moment de la crise, si sa bravoure et son infatigable énergie eussent été secondées par Vergor, n’aurait-il pas pu rallier les Acadiens et les sauvages
1. A Halifax, où il mourut en 1768, il fut assisté à ses derniers moments par des Acadiens et des Sauvages.
2. Le gouverneur Cornwallis avait offert cent livres sterling pour sa tête.
des environs de Beauséjour, empêcher la chute de ce fort, et par là même rendre impraticable l’attentat des Mines? À son retour en France, après sa captivité en Angleterre, n’a-t-il pas passé le reste de ses jours à réunir les Acadiens dispersés dans les ports d'Angleterre et à les former en paroisse à Belle-Ile en mer ?
Il est risible de lire les attaques dirigées dans le temps et aujourd'hui même contre les missionnaires des Acadiens. On leur a fait un crime impardonnable de leur attachement à la France, et d'y avoir exhorté les Acadiens. Quelques-uns ont sans doute manqué de prudence et ont poussé trop loin leur zèle patriotique : leur devoir leur imposait une certaine réserve ; mais n'’était-ce pas une intolérable tyrannie que d'exiger d’eux davantage ? Les Prussiens de nos jours tiennent une main de fer sur le clergé de l’Alsace-Lorraine ; mais qui songe à faire un crime à celui-ci de rester fidèle à la France, et d'entretenir le peuple dans ce sentiment ?
Il faut lire les documents relatifs à l’Acadie pour se faire une idée des tracasseries et des insultes auxquelles étaient soumis les missionnaires. Outre un serment sévère qu’on exigeait d’eux, ils étaient soumis à un espionnage continue], et ils n'avaient
pas même la liberté de sortir de la province sans un permis spécial.
C'étaient des hommes modérés, ! écrivait d'eux en 1791 un des agents les plus actifs de la déportation, l'honorable Brook Watson. Et cependant, sur une vingtaine de missionnaires qu'eurent les Acadiens, de 1713 à 1755, huit furent bannis et plusieurs autres jetés en prison.
L'évêque de Québec, dont le clergé était peu
nombreux, avait toutes les peines du monde à envoyer des prêtres dans ces ergastules de la Nouvelle-Ecosse. Le clergé qui trouvait un ministère pastoral beaucoup plus facile au Canada, refusait de s'y rendre; et l'évêque avait fini par déclarer qu'il n'enverrait plus de missionnaires chez les Acadiens Ce ne fut qu'à force de supplications de leur part qu'il corsentit à s'occuper d'eux plus longtemps.
Lorsque, après la prise de Beauséjour, Monckton communiqua au colonel Winslow, les instructions secrètes qu'il avait reçues du gouverneur Lawrence
1. Collections of the Nova-Scotia Historical Society, v. II, p. 150.
pour l'expulsion des Acadiens, les Anglo-Américains étaient sous l'impression toute vive de l'humiliante défaite de Braddock à Monongahéla. Les alarmes et le surcroît d'animosité qu'avait excités ce désastre expliquent en partie la manière barbare dont cet ordre fut préparé et exécuté.
Mais il faut bien avouer aussi qu'il était difficile de trouver un groupe d'hommes mieux faits pour tramer et accomplir une telle entreprise ; chefs et soldats étaient animés du même esprit. Lawrence, qui en fut le principal organisateur, s'est peint luimême dans une proclamation signée de sa main en 1756. Par cette proclamation, il promettait une récompense de trente livres sterling pour chaque prisonnier sauvage, du sexe masculin, au-dessus de seize ans, amené vivant ; vingt-cinq livres pour chaque scalpe de guerrier sauvage et la même somme pour chaque sauvagesse où enfant amené vivant. ! C'était le même Lawrence qui reprochait aux Acadiens de lui enlever l'amitié des sauvages.
Murray, dont on connaîtra le caractère par la suite de ce récit, écrivait à Winslow en lui parlant des troupes : ‘ Vous savez que nos soldats détes-
1. Histoire de la Nouvelle-Écosse, par B. Murdoch, v. 1, p. 308.
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tent les Acadiens, et que, s'ils peuvent seulement trouver un prétexte pour les tuer, ils les tueront.” !
Embarqué le 14 août, à Beauséjour, avec un détachement de trois cent treize miliciens de la Nouvelle-Angleterre, Winslow descendit la baie de Chignectou, et, profitant de la marée, pénétra dans le bassin des Mines, où il vint jeter l'ancre en face de Grand-Pré.
Le vétéran américain qui avait accepté cette mission indigne d'un soldat, n'avait pas l'âme
CS