CHAPITRE DEUXIÈME
Une Promenade à Petisoudiac.—-Souvenir de lexpulsion. — Noël Brassard. —Le Fort Beauséjour. —Grand-Pré.
6 octobre.—Le so'eil se lève radieux et promet une si belle journée, que le P. Lefebvre me propose une promenade dans la campagne. Nousirons visiter les bords de la rivière Peticoudiac jusqu’à son embouchure, et nous reviendrons en remontant le cours du Memramcook—Après le déjeuner, la voiture nous attend au pied du grand escalier en pierre de taille, qui conduit à la porte principale du collège. Pendant que nous descendons l'avenue, le père me fait remarquer les cours spacieuses des élèves, les belles plantations qu'il a faites, et qui déjà donnent une ombre agréable durant les chaleurs de l’été. Le chemin de fer Intercolonial passe
au pied de la colline, et n'attend que l'érection d'une gare nouvelle pour déposer les voyageurs à quelques arpents d'ici.
Voilà devant nous le couvent des sœurs du Sacré-Cœur, et celui des sœurs de la Charité, dont les religieuses sont presque toutes acadiennes. Les sœurs du Sacré-Cœur s'occupent de différentes bonnes œuvres, et veillent en même temps à l’entretien et à la nourriture des élèves du collèce. Les sœurs de la Charité tiennent un pensionnat qui est assez nombreux et prospère.
—Cette grande maison que vous voyez près de l’église, me dit le P. Lefebvre, c’est l’ancienne école fondée par mon prédécesseur, le vénérable curé Lafrance. Un de ses frères, qu'il avait fait venir de Québec, y « enseigné pendant quelques années. Les Acadiens n’ont pas eu de meilleur ami que le curé Lafrance. Dieu seul, qui l’a récompensé, connait les sacrifices qu'il a faits pour l'instruction de la jeunesse Il a le mérite d’avoir eu, le premier, l’idée d’un collège ici. Il lui a légué toutes ses épargnes et de grandes terres qui donnent actuellement un excellent revenu.
Au nom de ce digne prêtre, le P. Lefebvre aime à associer celui de Mgr Sweeney, évêque de Saint- Jean, N. B., dont la sollicitude est au-dessus de
tout éloge. C'est Mgr Sweeney qui, en 1864, est allé à Montréal frapper à la porte des pères de Sainte-Croix pour les prier d'entreprendre l’œuvre de l’enseignement dans son diocèse. Aucune institution ne lui tient plus au cœur que le collège de Memramcook. Sa main est toujours ouverte pour venir en aide aux élèves pauvres qui montrent d'heureuses dispositions, surtout s'ils donnent des espérances pour l'Eglise.
—Ce cheval appartient il à votre maison, demandai-je au P. Lefebvre, en lui désignant le bel alezan qu'il conduit avec une parfaite dextérité ?
—Ne savez-v=us pas, reprend le père avec un sourire satisfait, que nous avons un haras qui nous donne les meilleures espérances ? Celui-ci en provient. Vous avez raison de le remarquer; mais je vous en montrerai d'autres que vous admirerez bien davantage, si vous êtes un connaisseur, L'élevage est profitable dans ce pays-ci. Aujourd'hui même j'ai refusé, pour une paire de jeunes ‘ chevaux, un prix qui vous étonnerait et qu'on trouve bien rarement à Montréal ou à Québec.
Le P. Lefebvre s'entend en agriculture aussi bien qu’en enseignement. Curé de la paroisse en même temps que supérieur du collège, il s’intéresse au progrès matériel autant que spirituel de
ses paroissiens. Il les réunit pendant les soirées d'hiver, et leur communique le fruit de ses études et de son expérience. Afin d'inspirer du goût pour l'agriculture à ses écoliers, il les fait assister à ses conférences. Il fait préparer d'avance une thèse par l’un d'eux, et il en prend occasion pour développer ses propres idées, dissiper les préjugés, suggérer des améliorations.
Ces leçons et les résultats qu’il obtient sur les terres du collège, dont il surveille lui-même la culture, ont déjà produit une révolution dans les esprits. Les Acadiens se sont mis à l’œuvre, et :!s se piquent d'honneur pour rivaliser avec le P. Lefebvre. Est-il besoin d'ajouter qu’ils apprécient son dévouement, qu'ils l’aiment comme un père, qu'un mot de lui est une parole d'Evangile. Le P. Lefebvre est le souverain de toute cette contrée ; s01 influence est sans rivale parmi toutes les classes et toutes les nationalités ; le peu que je viens d'en dire prouve qu'il en est digne.
Modeste comme le vrai méiite, le F. Lefebvre rejette la plus large part de ses succès sur ses coopérateurs, qui de fait l'ont merveilleusement compris et secondé. C’est un éloge de plus pour celui qui a su ainsi faire concourir tous les éléments qui l’entouraient à l’établiesement de son œuvre.
rentrent énen+ ben
L'aspect général de ce pays fait songer aux environs de Montréal. A la franche allure des zens, à la politesse et à l'air de connaissance avec lesquels ils nous saluent au passage, on s'aperçoit bien qu’on est dans un pays français et catholique. On le devinerait sans cela à la seule apparence des maisons. Elles n’ont pas cette architecture de fantaisie, ces airs de prétention plus ou moins ridicules qu’en remarque dans les campagnes des Etats-Unis, et qui menacent de s'introduire au Canada. On voit que les propriétaires les ont bâties en vue de leur propre confort, et non pour attirer les yeux des: passants, et qu'ils ont profité de leur expérience des lieux et du climat. Le site de ces habitations est bien choisi, et leurs ouvertures principales regardent le soleil levant, afin d'en recevoir abondance de lumière et de chaleur. Leur construction simple et régulière est faite de façon à présenter le moins de surface possible au vent et au froid. L'habitant acadien s’y montre tel qu'il est, vrai homme des champs dans le sens antique du mot, en ayant gardé les goûts modestes et les solides qualités.
Le pays que nous parcourons est un terrain
d'alluvion assez accidenté, et partout ouvert à la culture. Dans les champs, des groupes d'hommes et de femmes sont occupés activement à faire la dernière récolte, celle des pommes de terre, qui donne ici de magnifiques rendements, car les Acadiens n'ont pas de rivaux pour ce genre de culture.
Grâce à l'allure alerte de notre monture, nous arrivons bientôt sur les hauteurs qui dominent le cours de la rivière Peticoudiac. Le paysage qu'on y a sous les jeux est gracieux et doux comme une idylle. Les deux rives s'élèvent graduellement en amphithéâtres, couronnés d'arbres verts et tachetés de blanc par les maisons proprettes des Acadiens, qui ont l'air heureuses avec leurs granges et leurs remises bien tenues et fermées d’un enclos de palissades blanchies à la chaux. À droite, la vue suit les méandres de la rivière, jusque dans les profondeurs des terres ; à gauche elle s'étend jusqu’à son embouchure qui s'ouvre en large entonnoir sur la baie de Fundy, dont les eaux bleuâtres se confondent là-bas avec le ciel.
Vous voyez distinctement d'ici, me dit le P, Lefebvre, cette seconde pointe qui s’avance dans la baie et qui ferme l'horizon de l’autre côté du Peticoudiac, c’est la pointe de Chipoudy; c’est là
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que vint s'établir, en 1699, le meunier Thibaudeau avec sa famille qu'il amenait de Port-Royal. . C'est dans la baie de Chipoudy qu'il bâtit son moulin et établit sa colonie, qui, dès son vivant, était déjà si florissante. Vous vous rappelez le beau chapitre qu'en a écrit notre ami M. Rameau dans son histoire d'Une colonie féodale. C'est une de ses meilleures pages. Le portrait de ce colon entreprenant, de sa vaillante femme et de ses enfants, l’arrivée des familles qui vinrent les rejoindre, les progrès de l'établissement, la satisfaction du vieux Thibauâeau à la vue de ses travaux si bien récompensés, des riches moissons, des troupeaux augmentant d'année en année, la paix et le contentement qui régnaient dans cette solitude, si loin du monde qu’elle semblait à l'abri des moindres dangers, tout cela est tracé avec une vérité saisissante. C’est une délicieuse pastorale; on serait même tenté de croire, de prime abord, à un tableau de fantaisie fait à plaisir, tant il est frais et séduisant; mais les documents officiels, les recensements sont là pour attester la réalité des faits. Pendant le demisiècle qui suivit la mort de Thibaudeau, la colonie de Chipoudy continua à prospérer. Mais hélas! aucune trace n’en reste aujourd'hui. Tout a disparu depuis la tourmente de 1755. Des étrangers occu-
pent maintenant lenrs foyers, cultivent leurs champs et jouissent des fruits de leurs travaux. Le nom même de Chipoudy, qui rappelait trop le souvenir des malheureux spoliés, a été changé pour un nom moderne,
L'expulsion des habitants de Chipoudy, de Peticoudiac et de Mermramcook n'avrit pas 6té effectuée par la ruse comme à Grand-Pré et à Pisiquid, mais par la force ouverte.
Un fort détachement de troupes anglo-américaines, sous le commandeme;:t du major Frye, avait fait une descente à Chipoudy et avait brûlé toutes les maisons sur le bord de l’anse, ne laissant intactes que celles qui se trouvaient à l'entrée du bois où les habitants purent les protéger en faisant feu sur les assaillants.
De là, Frye avait jeté une partie de ses hommes sur larive gauche du Peticoudiac, pour faire mettre le feu à l’église et au village; mais les habitants avaient eu le temps de se reconnaître et de se réunir avec un parti de sauvages sous les ordres de M. de Boishébert. Ils les surprirent, les cernèrent et en firent un affreux massacre. La moitié resta sur la place, ou fut prise ; le reste s'enfuit vers le rivage et s’abrita derrière les digues, où il se défendit jusqu’à ce que Frye eût le temps de
manner
débarquer et de les rejoindre, Il voulut reprendre l'offensive ; mais, après un combat acharné, il fut obligé de se rembarquer en toute hâte.
Mais que pouvait cette poignée d'hommes sans espoir de secours, contre des régiments armés de toutes pièces? Ils se virent forcés d'abandonner leurs terres et de se réfugier dans les bois, emportant avec eux les objets les plus précieux. Si vous entrez aujourd’hui chez certaines familles acadiennes originaires de Chipoudy, de Peticoudiac et de Memramcook, vous entendrez le récit des scènes navrantes qui se passèrent alors et dont elles ont gardé la tradition,
Un des détachements qui avait le plus harcelé les Bostonais et les avait forcés de se rembarquer, était commandé par Noël Brassard, vieux chasseur et milicien accoutumé aux guerres de partisans.
Aucun habitant du lieu n'avait plus d'intérêt que lui à défendre ses foyers. Il était père de dix enfants dont le dernier avait à peine huit jours ; il avait avec lui sa vieille mère octogénaire. Son père, l’un des premiers colons de Peticoudiac, lui avait légué, avec la maison paternelle, une grande
et belle terre en pleine culture, qui lui donnait une honnête aisance. Aussi Noël Brassard ne pouvait se résigner à la pensée de quitter Peticoudiac pour aller errer dans les bois avec sa famille, aux approches de nos terribles hivers. Il savait quelles misères les y attendaient ; il savait que les plus faibles y trouveraient une mort certaine.
Dans l'assemblée des habitants où le départ fut décidé, Noël Brassard opina pour une lutte à outrance, et ce ne fut qu'après que toute la paroisse eût été abandonnée qu'il se décida à rejoindre les fugitifs.
Pendant que sa femme, qui pouvait à peine se traîner, se dirigeait vers la lisière de la forêt, suivie de ses enfants, et portant le dernier né dans ses bras, il entassait dans une charrette le peu d'effets qu'il pouvait emporter et y étendait sa vieille mère que les émotions des derniers jours avaient réduite à l'extrémité. 1l eut bientôt rejoint sa famille qui l’attendait sur le haut de la colline d'où l’on apercevait le village à moitié incendié et l’entrée du Peticoudiac.
Ils s'arrêétèrent là silencieux ; les enfantsse pressaient autour de leur mère en étouffant leurs sanglots ; pour Noël Brassard, il ne pleurait pas, mais il était pâle comme un mort, et ses lèvres trem-
blaient quand il regardait sa femme qui soupirait en essuyant ses larmes. Le soleil se couchait en arrière d'eux sur la cime des arbres —un beau soleil clair d'automne qui réjouissait tout le paysage. Ses rayons obliques allumaient des reflets d'incendie sur les fenêtres des maisons, et allongeaient leurs ombres dans la vallée.
La mère Brassard, épuisée de force, avait paru à peu près insensible pendant le trajet ; mais alors elle ouvrit les yeux, et, comme si l'éclat des objets la ranimait, elle se mit à examiner l’une après l’autre chacune des maisons du village; elle jeta un long regard d'adieu sur le toit où elle avait si longtemps vécu ; puis ses yeux restèrent fixés sur le cimetière dont les tombes et les croix blanches brillamment illuminées se dessinaient en relief sur l’herbe du gazon.
—Je n’irai pas plusloin, soupira-t-elle à son fils ; je me seus mourir. Tu m'enterreras là, près de ton père.
La voiture se remit en marche; mais quand elle eut fait quelques arpents sur le chemin cahoteux et mal tracé qui plongeait dans la forêt, Noël Brassard s’aperçut que le visage de sa mère devenait plus blanc que la cire; une sueur froide perlait sur ses joues.
Sa femme et lui s'empressèrent autour d'elle pour la ranimer, mais ce fut en vain. Elle était morte.
Le lendemain au soir, deux hommes étaient occupés à creuser ane fosse dans le cimetière de Peticoudiac. A côté d’eux attendait le missionnaire, M. LeGuerne, qu'ils avaient eu le temps d'aller prévenir. Noël Brassard et son beau-frère se hâtèrent d'achever leur besogne, car la lune, . alors dans son plein, montait rapidement à l'horizon et aurait pw facilement trahir leur présence.
Quand la fosse fut terminée, le missionnaire revêtit son surplis avec son étole noire, et récita à voix Lvasse les prières de l’absoute. Il aida ensuite les deux hommes à combler la fosse.
—Avant de partir, leur dit-il, nous allons réciter un De profundis au pied de la grande croix, afin de mettre nos morts sous la protection de Dieu et les défendre contre la profanation des hérétiques.
Un instant après, la porte du cimetière grinça sur ses gonds, et tout rentra dans le silence.
Noël Brassard n'était qu'au commencement de sestribulations. Malgré ses sinistres pressentiments, s’il eût pu prévoir tous ies malheurs qui l’attendaient, il aurait reculé d’épouvante.
Dans le cours de cet affreux hiver, il perdit sa
femme et tous ses enfants, hormis deux, un garçon
et une fille. De Peticoudiac à Ristigouche, où il arriva dans les premiers jours du printemps, on aurait pu suivre sa marche à la trace des tombes qu'il avait laissées derrière lui.
Dans son désespoir, il ne pouvait entendre prononcer le nom d’un Yankee sans être saisi d’une espèce de frénésie. Il confia les deux enfants qui lui restaient à sa sœur Margucrite d'Entremont, qui elle-même avait perdu tous les siens, et il se remit à son ancien métier de chasseur; mais cette fois, ce n’était pas pour faire la chasse aux animaux des bois, c'était pour faire la chasse à l’homme, la chasse à tout ce qui portait le nom d’Yankee ou d'Anglais. À la tête de quelques partisans, habiles au tir comme lui, et,comme lui,exaspérés par l'excès du malhéur, il n'épargna rien pour faire à ses ennemis tout le mal q''il en avait souffert. Pendant les cinq années qui suivirent, il se mit à la disposition des officiers français, qui l’employèrent à soulever les tribus sauvages, et à les accompagner dans leurs sanglantes expéditions. (Chaque fois qu'il abattait un ennemi, il faisait une entaille sur la crosse de son fusil. (Ce fusil a été conservé par ses descendants, et l’on n’y compte pas moins de vingt-huit marques.
Au printemps de 1760, Noël Brassard était de retour à Ristigouche. Quand le marquis de Danjac vint s'y réfugier avec ses quatre vaisseaux, il réclama le privilège de servir un des canons qui furent débarqués sur la pointe à la Batterie, pour défendre l'embouchure de la rivière. Les artilleurs se firent tuer sur leurs pièces, et Noël Brassard, qui s'était battu comme un lion, pointait le dernier canon r2sté sur son affüt, quand il fut coupé en deux par un boulet.
Pendant que nous cotoyons le Peticoudiac, le P. Lefebvre m'intéresse vivement en me rapportant quelques-unes des traditions qu'il a recueillies de la bouche des Acadiens.
—Avez-vous remarqué, me dit :!, le calice dont vous vous êtes servi ce matin, lorsque vous êtes allé dire la messe à l'église ? C’est un calice en argent à coupe dotée, d’un travail fort simple, mais d'un prix inestimable pour nous, car il est aussi ancien que l’Acadie, et il a échappé au désastre du siècle dernier.
Avant de se réfagier dans les bois, les marguilliers qui avaient la charge de l’église en l'absence
AU PAYS D'ÉVANGÉLINE al
du missionnaire, l’enfouirent sous terre avec quelques autres pièces d'argenterie. Afin de le retrouver, ils firent une excavation au milieu du cimetière, à la rencontre d’une croix qu'ils tracèrent au moyen de deux cordes tendues d’un angle à l’autre, Dans une requête adressée en 1805, à Mgr Denaut, évêque de Québec, par les habitants de la baie Sainte-Marie, on trouve quelques détails précis sur la manière dont furent conservés les vases sacrés et les ornements de plusieurs églises. ‘“ Au ‘“ temps de l'enlévement des Acadiens, y est-il dit, “les ornements et les vases sacrés des églises de “nos cantons furent en grande partie séquestrés “ par plusieurs habitants et cachés dans le bois, et “ ainsi préservés du pillage ; ensuite ramassés et “ remis à feu M. Maillard, missionnaire. Après la “ mort de ce vénérable prêtre, tous ces effets se “ trouvèrent entre les mains de Louis Petitpas qui “ avait pris soin de lui durant sa dernière maladie ; “ mais d’après des ordres précis de Mgr l’évêque de “ Québec, tout fut livré à M. Bailly, missionnaire “ dans notre province. Plusieurs de nos habitants “ici et à Sainte-Anne d’Argyle ont pleine connais- “sance de cela. M. Bailly, en se retirant, laissa “ quelques ornements, entré autres deux anciennes “ chasubles que nous avons ici et deux calices
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“ d'entre ceux qui lui avaient ét6 remis ; il emporta “ Je reste. Ces deux calices furent laissés à un M. “ Wealling, chez qui M. Bailly se retirait à Halifax. ‘“ Ce missionnaire, ayant cessé de venir en cette “ province, le dépositaire est demeuré comme investi ‘“ de ces calices, mais s'en trouvant embarrassé, il “ les a remis à un Acadien nommé Charles-Amand “ Surette, après les avoir offerts à plusieurs autres, ‘: parce que apparemment il croyait que les Fran- ‘ çais y avaient plus de droit que les Irlandais.
“ Les choses étaient en cet état, lorsque nous: ‘avons eu pour missionnaire M. LeDru, français “ d’origine et religieux dominicain. Ce prêtre étant ‘ au Cap de Sable, entendit parler de ces calices, et, ‘ pour les avoir, il s’adressa par une requête, dont “il existe encore une copie, au gouverneur qui “ autorisa l’envoyé à prendre les calices demandés “ chez le particulier qui les avait en dépôt. Muni “ de la permission de Mgr le gouverneur, le por- ‘teur s’adressa à Charles-Amand Surette, qui lui “ remit deux calices avec une petite custode, qui “ furent apportés à M. LeDru, au Cap de Sable, Un ‘ de ces calices a été enlevé et laissé à Halifax : “ Votre Grandeur a eu la bonté d'en ordonner la ‘ restitution. ” 1