‹ Un pèlerinage au pays d'Evangéline [microforme]Chapitre 11 sur 58 · JN PÉLERINAGE · texte numérisé non relu

JN PÉLERINAGE

Votre Maitre, que vous leur faites valoir avec tant et de si justes titres dans votre proclamation, et dont ils avaient de si heureux préjugés par le traité et la convention dont vous ne pouvez ignorer ni les clauses, ni le poids. |

» Je suis persuadé, Monsieur, qu’en considération de cette sincère, indissoluble et inviolable union qui se trouve entre les roys nos maitres et leurs Etats, vous ne refuserez pas l'attention convenable à la représentation que j'ai l'honneur de vous faire, et que trouvant à l’avénement à votre gouvernement l’heureuse occasion de faire valoir la forte inclination que vous me protestez avoir de vous y conformer en tout ce qui pourra dépendre de vous, vous me donnerez les occasions d'y répondre en faisant valoir au roi mon maitre l'humanité avec laquelle vous aurez traité ses sujets en cette importante occasion 1. »

1 Public Record Office. Nova Scotia. Vol. III. Lettre de Saint- Ovide de Brouillan au général Philipps. Cette pièce, d’une importance capitale, a été omise dans le volume d’Aschives de la Nouvclle- Ecosse, publié à Halifax. Voir Le Canada-Frangçais, Doc. 1Népirs, n° XXIX.

Le lettre de M. de Brouillan est confirmée par l'extrait suivant des délibérations du conseil de Marine :

« L’Acadie n’a été cédée, par le traité de paix d’Utrecht, qu’à des conventions qui n’ont point été remplies par les Anglois,

» Par une convention mutuelle entre les deux couronnes le sort des habitants de Plaisance et de l’Acadie étoit égal, avec la permission de se retirer, ils devoient avoir la liberté d’emporter leurs biens meubles et de vendre les immeubles.

» Le seing de la reine Anne, pour lors régnante, en étoit le garant et l'évacuation de Plaisance en 1715, où toutes les clauses furent exécutées, en est une preuve incontestable...

» Le refus absolu qu'ont toujours fait les gouverneurs anglois de souffrir que les vaisseaux même du roi vinssent a l’Acaäie pour transporter ceux qui étoieut de bonne volonté, ou a prêter des agrès pour ies bâtiments qu’ils avoient construits et qu'ils ont été obligés de vendre aux Angluis, la défense qui leur a été faite depuis de

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Cependant l'agitation allait toujours croissant parmi les Acadiens, qui se croyaient forts de la justice de leur cause. Allaient-ils en venir jusqu’à une révolte ouverte ? Le gouverneur Philipps, qui d'ailleurs n'était pas un homme intraitable, en eut d’assez fortes appréhensions pour comprendre qu'il ne devait pas les exaspérer davantage. Le terme de quatre mois était à la veille d'expirer et iln’avait encore rien obtenu. Il voulut se donner le mérite des concessions en ayant l'air d'accor-

transporter avec eux aucuns bestisux ni provisions de grains, la douleur d'abandonner leurs biens, héritages de leurs pères, leur tra— vail et celui de leurs enfants, sans aucun remboursement ni dédomagement; toutes ces infractions sont les motifs principaux de l’inaction dans laquelle ils sont demeurés, ce qui fait aujourd'hui leur seul crime, Ce fut dans ce sentiment qu’ils firent, au mois de mai de l’année dernière, une députation à MM. de Saint-Ovide et Soubras pour leur communiquer la réponse qu’ils avoient faite au gouverneur anglois sur les instances réitérées, avec menaces de prêter serment de fidélité au roi d'Angleterre, ou de sortir incessamment du pays, cette réponse fut qu'ils étoient hors d'état de prêter ce serment parce qu'ils étoient liés à leur légitime souverain par un double lien qu’ils ne pouvoient trahir sans par là même devenir suspect au roi d'Angleterre. Qu'’à l'égard de leur sortie, ils étoient prêts d’évacuer et abandonrer leur pays puisqu'il avoit plû au roi de le ceder, mais que ce ne seroit que lorsqu'on les mettroit en état de le faire sur le même pied et aux mêmes conditions des habitants de Plaisance dont ils avoient pour gage sacré le sceau et la signature de la reine Anne. » — Conseil de Marine, année 1719. Vol, IV, fol. 96.

... Quoique par le traité d'Utrecht on ait accordé aux habitants des pays cédés que la faculté d’emporter leurs effets mobiliers, ceux de Plaisance ont joui de celle de vendre leurs maisons et terres en vertu des ordres de la feue reine Anne, qui étoient aussi pour les habitants de l’Acadie, qui n'ont pu en profiter, parce que les gouverneurs anglais ont toujours éludé l'exécution de ces ordres à leur égard; en sorte qu'ils n’ont pu profiter de la faculté qui leur était accordée par le traité et par les ordres de la reine Anne,

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